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Dette : Dette des pays pauvres : la trahison du FMI
Lutte contre l’impunité : Les crimes de l’ancien dictateur tchadien entre les mains de l’Union africaine
Lutte contre l’impunité : Senegal Places Crimes of Ex-Chad Dictator in Hands of African Union
Tchad : La Justice belge demande l’extradition d’Hissène Habré


Site(s) web :

Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR) - Sénégal :
Conseil des ONG d’Appui au Développement (CONGAD) :
Forum Social Sénégalais :


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Debt and destruction in Senegal - A study of twenty years of IMF and World Bank policies by World Development Movement - novembre 2003 (PDF - 209.6 ko)

Déclaration de Kaolack
Plaidoyer pour la relance durable de la filière arachidière

21 novembre 2005


Depuis plus d’un siècle, l’économie de la région de Kaolack s’est bâtie sur les richesses générées des graines de l’arachide, le guerte. Plus que l’image que représente la position géographique centrale du Saloum dans le Sénégal, l’arachide demeure encore au cœur de la vie socio-économique de la région et du Sénégal en général. Ce produit représente, et c’est connu, plus de 70% du revenu des ruraux.

Il représente aussi une des quatre principales mamelles du Sénégal (« tourisme / pêches / Phosphate /filière arachidière ») pour une moyenne annuelle de 600.000 à 700.000 tonnes ; elle génère des revenus prés de 70 à 100 milliards/an, et reste encore un des piliers fondamentaux de l’économie du Sénégal. Elle vitalise depuis déjà très longtemps le tissu socio-économique interrégional et local de Kaolack. L’arachide participe autant des références socioculturelles du producteur « saloum-saloum » à l’instar de ce que représente la « vache » pour les peulh, le riz pour les diolas de la Casamance, le coton pour le Sénégal Oriental et la région de Kolda, le riz et la tomate pour celle du Fleuve. La problématique de la filière arachidière constitue sérieusement une question de vie ou de mort pour le Saloum et tout le bassin arachidier (les régions de Kaolack/Fatick/Diourbel/Louga/Thiés/Kolda). En plus, il alimente les activités des régions de Ziguinchor et Tamba.

Il améliore l’alimentation quotidienne des populations, les revenus du petit commerce, fonde les familles « mariage / cérémonie culturelle » et facilite l’essentiel des liens et dynamiques sociales et locales et environnant des régions autour de Kaolack. Il sécurise tout le cheptel national « bétails / animaux de traits / de transports rural » en plus de dérivés multiples.

Dans une première étape « d’encadrement » (jusqu’en 1970) et dans cette phase actuelle de libéralisation, le producteur a toujours constitué le dindon de la filière. (C.f / études MAP, cas de la filière arachide ) ; avec les corollaires de sous utilisation, de non renouvellement de l’infrastructure industrielle et des équipements devenus obsolètes.

La mise en œuvre de politiques institutionnelles (Réformes) plaquées et inadaptées aux réalités et besoins réels des producteurs (exploitations agricoles) et leurs faiblesses stratégiques, sont entrain d’installer durablement tout le Saloum et le Sénégal dans une pauvreté qui frappe les ménages, les terroirs. Cette paupérisation se développe dans un climat permanent d’inquiétudes, et de désarroi. Ces quinze dernières années, les revenus tirés de l’arachide ont chutés de 73% (le chiffre est suffisamment révélateur) au détriment des familles/exploitations agricoles ; alors que paradoxalement les derniers études (M.A.P) officiels confirment la Rentabilité et le Potentiel de croissance de la filière.

De même, le prix aux producteurs a baissé en termes réels de 66% entre 1975 -1997.

Par ailleurs, l’évolution de la filière hors de contrôle et d’initiatives des producteurs a malheureusement débouché sur la privatisation de la SONACOS sans l’implication des acteurs clés de la filière, y compris les travailleurs.

La consommation et l’envahissement des huiles transgéniques sur le marché national soulève le paradoxe du choix de l’exportation des produits de qualité (huile raffinée d’arachide/huile de coton/tourteaux), alors que 40 à 65% de la production nationale alimente l’autoconsommation.

Du fait de tout ce qui précède, la probable diminution du prix de l’arachide de 150 à 105 F CFA dans les conditions actuelles est grosse de confrontations sociales complexes et risque d’approfondir et d’élargir la pauvreté dans le pays.

La liquidation de ce patrimoine de souveraineté nationale installera l’insécurité dans la filière et entraînera le découragement des producteurs du Saloum, du Bassin arachidier, et la déception des espoirs de relance de l’économie sénégalaise.

Les régles et les politiques désastreuses de l’O.M.C tuent et désarticulent l’économie nationale et hypothèquent le développement national et local, la survie des familles, des communautés et de leurs terroirs.

Ce Comité d’initiative lance un appel à tous les acteurs de la filière, à tous les citoyens et revendiquons :

- 1. le maintien du prix de l’arachide au moins à 150 F pour cette année ;

- 2. la remise sur pied du compte de soutien avec de nouvelles régles du jeu équitable entre les acteurs ;

- 3. le développement de petites et moyennes entreprises rurales / de proximité pour un transfert d’ une partie de la plus value en milieu rural au profit du développement local (huile, saponification, sésames, pâtes, produits alimentaires) ;

- 4. l’arrêt de l’importation des huiles transgéniques et soutenons une politique de promotion de nos propres produits dérivés de l’arachide et autres ;

- 5. la promotion d’une politique de crédit durable pour la filière et le développement local (nouveaux instruments financiers / mutuelles d’Epargne et de Crédit fortes dans les communautés rurales ;

- 6. la révision de la privatisation de la SONACOS sa rétrocession aux acteurs nationaux (UNACOIS/UNACOIS/DEF/GES/CNES/RESEAU DES FEMMES ENTREPRENEURES/CNCR/FORCES PAYSANNES et les autres acteurs déterminants de la filière...) ;

- 7. la protection des intérêts de la filière dans le processus des négociations Etat du Sénégal/OMC.

Fait à Kaolack, le 21/11/05




Pour le Forum social régional : CCPA / APROFES / UNACOIS / ASDES / ASSOSOCK / COALITION « CITOYEN DEBOUT » / CELLULE CONGAD KAOLACK / RADI KAOLACK



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