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Voir également :


Afrique Australe : COSATU calls on SADC leaders to act now in defence of democracy in Southern Africa
Droits Humains - Démocratie : Résolution sur les changements anticonstitutionnels de gouvernement et les violations des principes démocratiques en Afrique sub-saharienne, adoptée par le Congrès de la FIDH réuni à Erevan
Travail - Emploi - Syndicalisme : Afrique : insécurité, troubles politiques et conflits armés à l’origine de violations des droits syndicaux
Travail - Emploi - Syndicalisme : Africa: Insecurity, political unrest and armed conflict at the root of trade union rights violations
Dette : Dette des pays pauvres : la trahison du FMI


Site(s) web :

Consortium de Solidarité avec Madagascar :
Collectif pour la défense des terres malgaches :
FISEMA :
Plate-forme Nationale des Organisations de la société civile de Madagascar- PFNOSCM :


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Madagascar : nouvel eldorado des compagnies minières et pétrolières - Synthèse du rapport des Amis de la Terre France - 30 novembre 2012 (PDF - 3.4 Mo)
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Enquête sur l’exploitation, le transport et l’exploitation illicite de bois précieux dans la région Sava à Madagascar - Une enquête de Global Witness et Environmental Investigation Agency, Inc. (Etats-Unis) - 2 décembre 2009 (PDF - 3.3 Mo)
Development recast ? A review of impact of the Rio Tinto ilmenite mine in Southern Madagascar - A report by Rod Harbison, Head of Environment at Panos London, for Friends of the Earth - 1er janvier 2008 (PDF - 1.5 Mo)

Comuniqué de la FISEMA
Investissement de Rio Tinto à Madagascar

2 septembre 2005
FI.SE.MA. - http://www.fisema.org


La société QIT MADAGASCAR MINERALS (QMM), filiale de RIO TINTO, vient d’annoncer, au début du mois d’Août, sa décision d’investissement pour l’exploitation de l’ilménite à Fort-Dauphin. Cette exploitation présente pourtant plus de conséquences néfastes que d’effets bénéfiques tant pour l’économie malgache en général et l’environnement, que pour la population locale et les travailleurs. D’autre part, elle illustre le mécanisme de l’asservissement des pays pauvres très endettés au profit des multinationales. Après le pillage directe des richesses minières des pays colonisés, suivi de la mainmise de leur économie durant le néo-colonialisme, voilà, depuis la mondialisation, la nouvelle formule actuelle de l’asservissement et de l’exploitation des pays pauvres se présente sous la forme d’incitation à l’endettement.

Depuis l’année 1986, les dirigeants successifs du projet ilménite ont habitué le peuple malgache aux effets d’annonce : Joint Venture, gisement confirmé, convention d’établissement, autorisation environnementale... Mais cette fois, c’est Leigh Clifford, Chief Executif de Rio Tinto, qui a annoncé la décision d’investissement de US$ 585 millions. Du côté malgache, Son Excellence Monsieur Le Premier Ministre, Jacques Sylla, annonça le 4 août 2005 l’existence d’un accord (nébuleux) de la participation de Madagascar aux investissements ; dont le financement d’un port en eau profonde pour un montant de US$ 35 millions, par l’entremise du programme de pôles intégrés de croissance.

Madagascar est actionnaire symbolique et virtuel de 20% de l’entreprise QMM et Rio Tinto détient les 80%. L’agence de presse Matera écrit que, durant le premier semestre 2005, Rio Tinto a dégagé un bénéfice net de US$ 2,165 milliards, en hausse de 34% sur un an, tandis que la presse malgache annonce les difficultés financières de l’Etat mi-2005. Ni le gouvernement malgache, ni Rio Tinto n’explique comment, dans un tel contexte, Madagascar pourrait honorer sa part dans le nouveau capital de la société QMM et les US$ 35 millions pour le financement du port, dont la gestion sera confiée à la société QMM pendant toute l’exploitation minière, environ quarante ans.

Actuellement, Madagascar n’a que des garanties inamovibles (ses sites de gisement) et une insignifiante probable redevance minière. Cette nouvelle ressource financière du pays ne servira qu’à assurer le service de la dette de Madagascar auprès de ses créanciers et non à lutter contre la pauvreté. Or, la persistance de celle-ci, malgré l’atteinte du point d’achèvement et la récente annulation de dettes à Gleneagle, continue toujours à inquiéter tous les milieux : politique, économique, social... Avec ce projet ilménite, Madagascar sera encore enfoncé dans le cycle infernal du mécanisme de la colonialisation moderne et de l’asservissement à perpétuité, par le biais de l’endettement.

Rio Tinto, comme tant d’autres firmes multinationales, impose ainsi sa loi à un pays survivant de l’IPPTE de la Banque Mondiale et du FMI. 75% de la population malgache vivent avec moins de US$ 1 par jour. Le gouvernement malgache se résigne à se faire piller son sous-sol pendant 40 ans par Rio Tinto avec ses conséquences : dette, salaires de misère et environnement unique au monde détruit. Pour les trois années (2006-2008) de construction, Rio Tinto ferait appel à des sous-traitants, dont plus de 500 ouvriers spécialisés venant d’Afrique du Sud et d’Asie alors que le chômage à Madagascar est parmi les plus importants en Afrique. Actuellement, il n’y a que 600.000 emplois formels sur une population de 17 millions, avec un taux d’abandon scolaire très élevé. Le racisme d’une élite et des dirigeants a asservi les travailleurs malgaches depuis des années.

Les valeurs de la « Bonne Gouvernance » sont bafouées par QMM et le gouvernement malgache. Les syndicats des travailleurs n’ont jamais été consultés pour pouvoir représenter et défendre les intérêts de la population active qui risque de n’être que des sous-employés en HIMO (Haute Intensité de Main d’Oeuvre). Pourtant, le superprofit que Rio Tinto va réaliser, nécessite et repose sur la destruction irréparable d’écosystèmes uniques (forêt tropicale, mangrove, lac, littoral...) au monde pour permettre l’exploitation minière et celle d’une main-d’œuvre peu dispendieuse, désorganisée et hautement exploitable. Les Canadiens prétendent être intellectuellement au-dessus des malgaches, en nourrissant le prolétariat malgache avec de stupides croyances d’infériorité pour occuper des postes de travail de mains d’oeuvre. En 18 ans de présence, le projet ilménite a créé une classe ouvrière malgache vivant dans la pauvreté, dans l’aliénation et dans la misère. Les dirigeants de QMM font en sorte qu’il soit très difficile d’unir les salariés contre le capitalisme dans le but de combattre la distribution inégale des richesses. Cette situation, amplifiée par le développement d’un « apartheid social », a fait naître chez des malgaches une frustration grandissante. Les communautés locales sont et seront asservies par leur propre richesse.

Le « processus participatif » fièrement présenté par Rio Tinto n’est qu’une façade pour les investisseurs afin de garantir l’impunité, et pour échapper aux éventuelles poursuites contre la violation des obligations internationales et aux attaques d’ONG internationales comme FOE, Green Peace, WRM, WWF... Toutes les revendications des citoyens malgaches ont été étouffées comme la pétition des travailleurs et des communautés locales du site minier de Mandena. Rio Tinto exerce la coercition sur l’Etat Malgache pour que celui-ci adopte des mesures qui visent le démantèlement du rôle social de l’Etat qui est de défendre les intérêts légitimes des citoyens - y compris les travailleurs - et de lutter réellement et efficacement contre leur pauvreté.

Aussi, la FISEMA revendique au Gouvernement Malgache et à la Société QMM :
- La définition et l’instauration d’une politique favorisant l’accessibilité des jeunes malgaches à la formation technique pour intégrer au marché du travail qu’offre Rio Tinto.
- La mise en place de mesures pour assurer l’équité d’accès aux emplois et le salaire identique pour le même travail pour tout travailleur étranger ou malgache.
- La mise sur pied d’un « comité de suivi » permanent, intégrant les Organisations de la Société Civile et les Organisations Syndicales dont la FISEMA, pour ajuster le projet afin de minimiser les impacts (conflits, accidents, destruction de l’environnement...) et de rechercher des solutions équitables pour Rio Tinto et Madagascar. La richesse, ça se partage équitablement sinon c’est du néo-colonialisme économique, source de frustration et de conflits qui va à l’encontre de l’investissement.

Pour terminer, la FI.SE.MA. ne se lasse pas de lancer un appel aux travailleurs à s’organiser et à se prêter mains fortes pour contrer la pauvreté, le gaspillage ainsi que la destruction de l’écosystème, et de sensibiliser les Organisations de défense de l’environnement - nationales et internationales - pour suivre de près cette exploitation.

Fait à Antananarivo, le 30 Août 2005

Au nom de la FI.SE.MA, le Secrétaire Général, José RANDRIANASOLO





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