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Lutte contre l’impunité : Senegal Places Crimes of Ex-Chad Dictator in Hands of African Union
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Site(s) web :

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Déclaration de la CSA suite aux annonces du G8 sur la dette

23 juin 2005
Confédération des Syndicats Autonomes du Sénégal (CSA) -


Le Secrétariat du Bureau Confédéral de la CSA réuni en session ordinaire le jeudi 23 juin 2005, à la Maison des Travailleurs Iba NDiaye Diadji, a analysé entre autres, l’annulation par le G 8 de toute la dette multilatérale de 18 pays, parmi les plus pauvres du monde dont le Sénégal. La CSA se réjouit d’une telle initiative réclamée depuis plus d’une décennie par le mouvement Social du monde. C’est un honneur pour la Société Civile progressiste sénégalaise d’avoir pris une part significative dans cette lutte en organisant en 1999, à Dakar une rencontre internationale pour l’annulation de la dette du Tiers monde.

Notre pays, va bénéficier à ce titre de l’annulation totale de sa dette auprès de la Banque Mondiale, du FMI et de la Banque Africaine de Développement, sur proposition des Ministres des Finances du G8.Cette décision du club des pays les plus riches du monde, consacre en fait la justesse et la pertinence des analyses et propositions qui ont sous-tendu la lutte implacable du mouvement alter-mondialiste pour l’annulation inconditionnelle de toute la dette du Tiers-monde. Cette mesure ouvre en effet, de nouvelles perspectives aux pays bénéficiaires pour mieux prendre en main leur destin.

C’est ainsi qu’avec une annulation totale de ses 1372 milliards de francs CFA de dette multilatérale, notre pays voit ses disponibilités budgétaires s’accroître de 137 milliards de francs CFA par an, durant toute une décennie.

L’importance d’une telle somme pour financer le développement peut se mesurer aux performances fiscales de l’Etat depuis l’alternance en 2000, qui se chiffrent à 200 milliards de francs CFA de recettes supplémentaires à la disposition du budget sur quatre ans, desquelles il fallait prendre une partie pour payer la dette.

Mieux, pour 2005, si la décision est rétroactive à partir du 1er janvier, le Budget se retrouve avec 120 milliards de francs CFA de disponibilité, selon les termes même de notre Ministre de l’Economie et des Finances.

Les principaux bénéficiaires de cette annulation de la dette multilatérale dans notre pays devraient donc être les victimes de l’Ajustement Structurel qui a duré plus de 20 ans :

- les secteurs sociaux victimes des restrictions budgétaires, que sont principalement la santé, l’éducation, l’accès à l’eau potable pour tous etc.

- le monde du travail confronté aux conséquences de l’ajustement interne des entreprises et de l’administration : précarisation des emplois, fragilisation du système de protection sociale (pension de misère et menace sur le système de retraite par répartition) et licenciements ;

- le monde rural, qui a tant souffert de la suppression du programme agricole de l’époque, et l’effondrement des prix aux producteurs ;

- les ménages, dont le pouvoir d’achat est quotidiennement érodé par la flambée des prix, la fiscalité de plus en plus lourde et la TVA à 18%.

En tout état de cause, nous estimons que ces ressources financières supplémentaires ne devraient en aucun cas servir à renforcer le train de vie scandaleusement dispendieux de l’Etat.

Au demeurant, la CSA, exige la tenue des Etats Généraux de l’Economie entre l’Etat, les partenaires sociaux et les partenaires au développement pour une utilisation judicieuse de ces ressources. Car, notre pays ne doit pas rater cette nouvelle opportunité d’amorcer le tournant vers un Sénégal émergent.

Il faudra donc se battre pour la création d’emplois décents, le relèvement des salaires dans le privé et dans le public, la baisse des prix des denrées et produits de consommation courante, afin de réduire les inégalités.

Dans le même temps, la CSA exhorte les Organisations Syndicales et de la Société Civile du pays, partie prenante du mouvement Alter-mondialiste, à se mobiliser d’avantage pour l’annulation complète de ce qui reste de la dette bilatérale, qui s’élève encore à plus de 400 milliards de francs CFA, au risque de voir environ 35% du produit de l’annulation de la dette multilatérale servir à la payer.

Le poids de la dette bilatérale sur le prix de l’eau dans notre pays milite en faveur de sa suppression dans le cadre de leur appui à la lutte contre la pauvreté.

De même, la CSA exhorte les pays du G8 à répondre favorablement aux propositions du Premier Ministre Britannique, Tony Blair, pour un doublement de l’APD, destinée aux pays pauvres.

Pour la CSA, l’Aide Publique au Développement (APD) n’est pas une aumône des pays riches, mais bien une juste réparation de la détérioration continue des termes de l’échange entre eux et les pays pauvres.

Ce manque à gagner des pays pauvres dans le commerce avec les grandes puissances constitue, au même titre que les charges de la dette, un handicap majeur qui bloque leurs propres capacités à financer leur développement.

Du reste, l’APD a davantage servi à la création de débouchés pour les entreprises et services des pays donateurs et à l’enrichissement éhonté des élites dirigeantes africaines, qu’à développer nos économies nationales.

La CSA appelle à poursuivre la mobilisation soutenue du mouvement Alter-mondialiste pour la suppression totale de la dette bilatérale restante, la fin des pratiques de l’aide liée et pour l’avènement d’une gestion transparente de la chose publique.

La CSA reste convaincu que, l’annulation de la dette multilatérale, est un piédestal sur lequel devraient s’appuyer tous les détachements nationaux du mouvement Alter-mondialiste, pour mettre fin à la pauvreté et à la dépendance pour un monde régi par la coopération et la solidarité, à la place des seules lois du marché et de la compétition entre les entreprises, les pays et les peuples.

La lutte continue !

Fait à Dakar le 23 juin 2005 Le Secrétariat Exécutif National





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