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Travail - Emploi - Syndicalisme
Déclaration commune du Congrès du travail du Nigeria (NLC), de la Confédération des syndicats sud-africains (COSATU) et du Congrès des syndicats du Ghana (TUC) |
23 octobre 2004 Au terme de la rencontre consultative courante tenue à Abuja, au Nigeria, les 22 et 23 octobre 2004 Nous, dirigeants du NLC, de la COSATU et du TUC (Ghana), sommes réunis ces 22 et 23 octobre 2004 à Abuja, au Nigeria, dans le cadre de nos rencontres régulières visant à dynamiser le mouvement syndical africain et à chercher une issue constructive aux problématiques contemporaines. Cette rencontre donnait suite à celle tenue à Johannesburg, le 18 août 2004. La rencontre d’Abuja s’est penchée sur les questions et les problématiques suivantes : Projets de résolutions en vue du Congrès mondial de la CISL Nous avons étudié les documents préparatoires au Congrès mondial de la CISL, notamment le Rapport thématique. Nous avons trouvé rafraîchissante l’approche progressiste et englobante des projets de résolutions, car ceux-ci intègrent bien l’impératif et les aléas du développement durable, en mettant bien en lumière toute la diversité d’intérêts chez les populations et les nations appauvries. Nous saluons la critique sans équivoque qu’on y fait des forces dominantes de la mondialisation en ce qu’elles viennent subvertir l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le développement, une question maintes fois soulevée par les éléments progressistes au sein de la CISL. La plus haute attention prêtée aux Objectifs se double d’un questionnement critique des principes réducteurs de l’orthodoxie néo-libérale, qui servent à miner la capacité des pouvoirs publics d’appliquer des stratégies de développement axées sur les besoins de la population. Nous accueillons avec satisfaction l’argumentaire solide en faveur d’une nouvelle mondialisation, centrée cette fois sur les impératifs, notamment, de travail décent, de répartition équitable des revenus à tous les échelons, de respect des droits des travailleurs et d’un développement durable accéléré solidement arrimé aux Objectifs. Nous nous engageons à finaliser les projets de résolutions par voie d’amendements judicieux, à faire campagne pour qu’on les appuie et à veiller enfin à leur mise en œuvre intégrale. Dans ce contexte, nous maintenons qu’il est nécessaire de faire des approches au Japon en vue d’élargir la base de soutien progressiste autour de ces résolutions et des autres questions qui seront déterminantes du succès du Congrès et d’une transformation progressiste de la CISL. Par ailleurs, nous avons exprimé de sérieuses réserves quant aux propositions du secrétaire général pour l’élimination des congrès régionaux et la nomination des secrétaires généraux, plutôt que leur élection par les congrès régionaux. Nous estimons que ces propositions risquent fort de mener à une centralisation excessive, ce qui entraverait l’essor si nécessaire d’organisations régionales solides et proactives, capables de relever les défis propres à leur région. Nous partageons l’objectif de renforcer le droit de regard du secrétariat de la CISL sur les régions pour assurer la transparence en matière de finances et de programmation. Dans l’intérêt de la démocratie et du pouvoir des affiliés, nous croyons toutefois à la nécessité d’établir un équilibre constructif et mutuellement profitable entre le droit de regard du secrétariat et une plus grande autonomie des organisations régionales. Réunion de Lusaka tenue du 11 au 14 octobre 2004 Nous prenons acte des conclusions sur le Congrès mondial de la CISL issues de la rencontre de Lusaka convoquée par l’ORAF-CISL. Il nous faut toutefois faire part de notre inquiétude de voir des tribunes comme des séminaires et des ateliers de formation servir à l’adoption de résolutions qui relèvent des instances appropriées de l’ORAF-CISL, étant donné notamment la faible représentativité de telles tribunes et l’absence de débats préalables sur ces questions au sein des centrales syndicales nationales. Nous reconnaissons et nous partageons la préoccupation des participantes et participants à la réunion de Lusaka de bien articuler et de renforcer toute la diversité des intérêts africains dans le cadre du Congrès mondial. Nous réitérons notre engagement à mener un tel débat et à emprunter les instances de l’ORAF-CISL pour le faire avancer et l’approfondir. Le Congrès de l’ORAF-CISL Nous craignons qu’à moins de six mois du Congrès de l’ORAF-CISL, beaucoup reste encore à faire pour éviter que l’organisation ne répète les erreurs du passé. À cet égard, nous croyons fermement que le Comité exécutif doit donner la priorité à la tenue d’un débat sérieux sur le Congrès et y allouer plus de temps. Nous croyons qu’un congrès bien organisé est essentiel à notre démarche globale pour le repositionnement de l’ORAF-CISL. Un congrès comme celui-là doit absolument contribuer à porter plus loin notre vision collective d’un organisme continental capable d’amplifier la voix des travailleuses et travailleurs de l’Afrique au sein des structures continentales des gouvernements africains, de servir de plate-forme utile à la promotion d’approches alternatives et d’inspiration populaire au développement, de stimuler une solidarité véritable et d’élaborer un programme pour le renforcement du syndicalisme. L’impératif d’une plate-forme syndicale unique pour le continent Nous croyons que le débat élargi entourant la fusion de la CISL et de la CMT mérite d’être réexaminé par le mouvement africain, à la lumière de sa propre expérience. Par conséquent, nous nous engageons à favoriser le débat sur la nécessité pour les travailleuses et les travailleurs d’une organisation syndicale continentale unique qui soit démocratique, efficace et solide. L’élargissement de l’alliance progressiste en Afrique Nous nous engageons à interpeller nos camarades à travers le continent en vue de l’élaboration d’une plate-forme syndicale plus solide et plus large en faveur d’un discours et de pratiques progressistes. En ce sens, nous convenons de consolider notre capacité à tisser des réseaux internationaux, notamment en renforçant nos services internationaux respectifs. La situation au Nigeria Nous nous sommes penchés sur les difficultés que connaît actuellement le NLC, vu la détermination de l’autorité exécutive du gouvernement nigérian à lui retirer son accréditation. Les autres partenaires de l’alliance s’engagent à suivre de près la situation et à œuvrer activement à l’effort de mobilisation de la solidarité internationale. Adams Aliyu Oshiomhole - Président - Congrès du travail du Nigeria (NLC) Zwelinzima Vavi - Secrétaire général - Confédération des syndicats sud-africains (COSATU) Kwasi Adu-Amankwah - Secrétaire général - Congrès des syndicats du Ghana (TUC) |
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