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Multinationales - Pillage des ressources
Le Groupe DANZER verse dans la corruption et l’exploitation illégale... |
... pendant que les Ministres européens de l’Environnement réclament une loi contre le commerce illicite de bois ! 29 juin 2004 Greenpeace - http://www.greenpeace.org/ Une enquête de Greenpeace International publiée aujourd’hui fournit des preuves accablantes des crimes forestiers perpétrés en Afrique par le Groupe Danzer, grande compagnie forestière germano-suisse. Les documents obtenus par Greenpeace révèlent au grand jour leurs pratiques de corruption d’agents publics en Afrique. Les compagnies du Groupe offrent des pots de vin notamment pour éviter taxes et amendes. Le Groupe Danzer est également partenaire financier de la compagnie camerounaise Mba Mba Georges (MMG), grande habituée de l’exploitation illégale de l’aveu même de Danzer dans un rapport interne. Le rapport de Greenpeace montre comment l’industrie mondiale du bois opère hors de tout contrôle et détruit les forêts anciennes. L’exploitation illégale et la corruption forestière ne détruisent pas seulement la biodiversité africaine ; elles appauvrissent les pays et les communautés locales, car la pratique des pots de vin les prive de millions de dollars annuels de revenus. Danzer fait partie de "l’élite" des multinationales européennes du bois qui revendiquent la mise en oeuvre d’un code de "bonne conduite" dans les forêts du Bassin du Congo, et soutiennent surtout les actions "non contraignantes" considérées par l’Union européenne dans le Plan FLEGT (Forest Law Enforcement, Governance and Trade ou Renforcement des Lois Forestières, Gouvernance et Marchés) pour éliminer le commerce de produits forestiers de sources illégales. « Il est complètement naïf ou malhonnête de prétendre que le problème de l’exploitation illégale des forêts sera éliminé par des actions non contraignantes basées sur les codes de bonne conduite des entreprises européennes : le décalage entre la théorie et les pratiques réelles de compagnies comme Danzer est flagrant, et illustre fort bien la réalité des pratiques du secteur » déclare Illanga Itoua, de la campagne forêts africaines de Greenpeace France. Il est actuellement impossible aux agents des douanes d’arrêter les importations de produits forestiers de sources illégales en France parce qu’il n’existe aucune législation française ou européenne pour stopper ce commerce illicite. Les Ministres européens de l’Environnement se réunissaient hier au Luxembourg pour discuter de la possibilité d’élaborer une telle législation d’ici la fin 2004. Ils ont rappelé à la Commission la nécessité de présenter "sans plus attendre" des propositions de législation pour éliminer le commerce de produits bois de sources illégales [1]. « Greenpeace se félicite de l’initiative de la Belgique, fermement appuyée par le Ministre Français Serge Lepeltier, ainsi que par ses homologues allemand, britannique, danois, italien et espagnol, initiative aujourd’hui inscrite dans les conclusions sur la Biodiversité du Conseil Environnement, et rappelant à la Commission sa responsabilité dans la formulation de propositions de législation qui réglementera et sanctionnera les importations de produits forestiers de sources illégales » ajoute Ludovic Frère, de la campagne Forêts à Greenpeace France. Le Groupe Danzer vend ses produits bois dans toute l’Europe, notamment pour la construction de ponts, réalisées pour les collectivités locales en France et en Europe [2]. A ce jour, seule la certification FSC (Conseil de bonne Gestion Forestière) assure la traçabilité des produits et la gestion durable des forêts au niveau international. « La France doit faire le choix de l’écocertification FSC plutôt que celui des certificats de complaisance dans sa politique de marchés publics, afin qu’il devienne de plus en plus difficile aux compagnies de commercialiser des produits issus de l’exploitation illégale sur les marchés publics et privés » poursuit Ludovic Frère. « Un suivi et une application beaucoup plus rigoureux des lois dans les pays africains est nécessaire ainsi qu’une législation européenne pour empêcher les importations de bois de sources illégales et la poursuite de ces escrocs sur la base des lois existantes contre la corruption » [3] ajoute Illanga Itoua. Quatre vingt pour cent des forêts anciennes dans le monde ont déjà été dégradées ou détruites. L’exploitation des forêts tropicales de la République Démocratique du Congo, du Congo Brazzaville, de la République Centrafricaine, du Cameroun et du Gabon et leur transformation en produits bois pour le marché européen s’accélère. [1] Pour plus d’informations sur le processus européen contre le commerce illégal FLEGT : http://eu.greenpeace.org/downloads/forests/BriefingOnIllegalTimberTradeInEU-Fr.pdf. [2] Parmi les essences concernées on trouve l’Azobé (Ekki), et parmi les pays importateurs la France, la Belgique, l’Italie, l’Allemagne, la Turquie, l’Espagne, le Portugal, les Pays-Bas et la Suisse. Le Groupe Danzer distribue les produits bois de MMG dans toute l’Europe, notamment à Groot Lemmer, fabricant néerlandais de ponts, dont les ouvrages ont récemment été achetés par des collectivités locales en France (Cornebarreiu, Celettes, Chatillon, St Georges de Montaigu, St Gervais sur Mare, Torigni sur Vire, Pannes, Damancy) et aux Pays Bas. [3] La Suisse et l’Allemagne sont toutes deux signataires de la Convention de l’OCDE contre la corruption dans le commerce international. La Convention établit comme "infraction pénale " le fait "d’offrir, promettre ou donner un pot de vin à un agent public de manière à obtenir ou conserver un marché international". Le rapport de Greenpeace sera transmis à un nombre de clients clés du Groupe Danzer et de ses filiales et à une large palette d’organisations gouvernementales et non-gouvernementales parmi lesquels : le Groupe de Travail de l’OCDE sur la corruption, le Panel d’expert du Conseil de sécurité des Nations unies sur le Libéria, les Commissions anti-corruption et les Ministères de la Justice des pays africains concernés - Cameroun, République Démocratique du Congo, République du Congo, Transparency International, Global Witness et WWF. Il sera également transmis à la Banque Mondiale, Danzer faisant partie de la "CEO Initiative’, groupe restreint de compagnies européennes réunies par la Banque pour faire "avancer la gestion durable et la conservation des forêts’ du Bassin du Congo avec des ONG de conservation. |
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