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Solidarité internationale et luttes sociales en Afrique subsaharienne |
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Voir également :
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Appel de Niono contre le nucléaire en Afrique et pour l’abolition des armes Nucléaires
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Déclaration Finale du Forum des Peuples de Niono
République démocratique du Congo :
Appel à une mobilisation citoyenne contre le néolibéralisme pour un Congo juste, prospère et fort
Malawi :
Eighteen People Killed in Bloody Repression of Peaceful Protests
Swaziland :
SDC congratulates courageous Swazis
Swaziland :
SNUS’s statement on tomorrow’s uprising
Sommets du G8 - G20 :
Les peuples d’abord, pas la finance
Forum social mondial de Tunis - mars 2013 :
Déclaration de l’assemblée des mouvements sociaux
Luttes des femmes :
Rompons le Silence : Refusons les violences faites aux femmes !
Guinée :
Déclaration de Kindia
Forum social mondial de Tunis - mars 2013 :
Séminaire des mouvements sociaux / Dakar / 5-7 novembre 2010
Habitat :
Déclaration Finale du Forum des Déguerpi-e-s dans tous leurs Etats - Ouagadougou
Habitat :
Déclaration Finale du Forum des Déguerpi-e-s dans tous leurs Etats - Bamako
Forum social mondial de Tunis - mars 2013 :
Contribution au séminaire de préparation du FSM Dakar 2011 : Lettre de quelques mouvements sociaux
Forum social mondial de Tunis - mars 2013 :
Consultation publique des axes du forum social mondial de Dakar
Afriques en lutte :
Amandla - A Plural Platform of a Thinking Left :
Flamme d’Afrique - FSM 2007 :
Forum social mondial 2011 - Dakar :
Forum social mondial de Tunis :
Pambazuka News at the World Social Forum :
Réseau No Vox : |
L’Afrique dans le mouvement altermondialiste septembre 2003 Attac France - http://www.france.attac.org/ De Seattle à Bombay, le mouvement de résistance à la mondialisation libérale ne manque pas de se renforcer, d’élargir ses réseaux, de se faire entendre. Mais quelle est la place de l’Afrique dans ce mouvement grandissant ? Combien sont-ils, représentants d’organisations africaines, à participer aux grandes rencontres internationales ? Trop peu, incontestablement, au regard des presque 700 millions d’habitants de ce continent. Et, au-delà de leur importance numérique, leurs voix ne semblent guère peser dans les analyses, les réflexions, l’élaboration des alternatives, la construction d’un "autre monde"... Un problème d’identificationLa prise en charge d’un billet d’avion, de repas et d’un hébergement sont des frais qui dépassent largement les capacités financières d’une grande partie des organisations africaines qui déjà ne parviennent que difficilement à se réunir à leur échelle nationale. Sans parler du manque à gagner que représente 4 ou 5 jours d’absence pour les militants, sans possibilité de subvenir aux besoins de leur famille, dans des pays où l’économie informelle contribue largement à survivre au quotidien. Mais l’argument financier - bien réel et souvent sous-estimé - ne suffit pas à définir les obstacles à la présence africaine dans le mouvement altermondialiste. Les restrictions - nombreuses - à la liberté de circulation handicapent également pour bonne part la participation des Africains. Et il n’est jamais inutile de le rappeler tant nos organisations, au Nord, peinent encore à tenir compte de cette "particularité" : le déplacement de partenaires du Sud ne se décide pas en un jour, il nécessite souvent des interventions répétés auprès des ambassades ou consulats, sauf à privilégier une élite des mouvements. L’obtention d’un visa s’apparente le plus souvent à un véritable parcours du combattant : sans ruse, corruption et entregent, pas de sésame pour s’envoler au-delà des frontières nationales. L’accès aux pays du Nord est verrouillé pour toutes les personnes suspectes d’être tentées d’y rester selon une grille d’arbitraires fluctuant en fonction des destinations envisagées. Mais la faible présence africaine dans le mouvement altermondialisation ne s’expliquerait-elle pas aussi - et surtout ? - par l’ignorance, par la difficulté pour les organisations du Nord à identifier des partenaires sur le continent, à reconnaître l’existence de mouvements sociaux en Afrique ? A ne vouloir se lier qu’avec des organisations "sœurs", à ne chercher que la ressemblance, on a vite fait de faire alliance avec des structures et des personnalités qui bien souvent ne se révèlent pas être en profondeur ce qu’elles s’efforcent de paraître : au-delà des plate-formes et slogans, quel ancrage social, quelle capacité à la transformation sociale ? On a vite fait de légitimer des personnalités (toujours les mêmes), de renforcer des structures "écran", au détriment de dynamiques sociales innovantes condamnées alors à l’isolement. Un mouvement social en recompositionAfrique Australe mise à part (très marquée par le mouvement anti-apartheid et ses prolongements en Afrique du Sud mais aussi en Namibie, au Zimbabwe, etc.), l’Afrique sub-saharienne compte peu de mouvements de masse progressistes tel que nous les connaissons en Europe, en Asie ou dans les Amériques. La répression sanglante des mouvements populaires des indépendances (Cameroun, RDC, etc.), l’accès au pouvoir de certain d’entre eux (Angola, Erythrée, Mozambique, Guinée, etc.), le maintien au pouvoir (pendant près de 40 ans !!), de régimes répressifs soutenus par les anciennes métropoles (Côtes d’ivoire, Mali, Togo, Rep. Centrafricaine, Gabon, Rwanda, Ouganda, etc.) ou par le camp socialiste (Guinée, Ethiopie, Bénin, etc.), les prolongements régionaux de la guerre froide et aujourd’hui les guerres qui s’éternisent pour le contrôle des rentes et des matières premières (Libéria, Sierra Leone, Angola, Soudan, Congo, etc.), la situation économique désastreuse de l’ensemble du sous-continent, sont autant d’éléments - et on pourrait sans aucun doute allonger la liste- qui expliquent une situation sociale guère réjouissante. Pour autant, l’Afrique, les Afrique bougent, résistent. Le mouvement démocratique de la fin des années quatre-vingt (dans lequel la jeunesse a joué un rôle essentiel), la disparition progressive des partis uniques et par là même des vieilles centrales syndicales uniques (le syndicalisme africain est en pleine recomposition), le développement des mouvements de femmes, de défense des droits humains, les regroupements de paysans ou de petits producteurs, l’implication des églises dans les grandes campagnes, la mise en réseau de plus en plus forte des associations de base, des ONG (où se côtoie le meilleur et le pire) ou des groupements de l’économie sociale et solidaire..., sont autant de signes d’un renouveau des luttes sociales, d’une recomposition du paysage militant africain. Tous ces mouvements s’intéressent et s’impliquent de plus en plus dans les grandes campagnes internationales du mouvement altermondialisation, à travers les questions de la sécurité alimentaire et du commerce agricole international, de la dette, de l’ajustement structurel et des institutions financières internationales, de la santé et des droits de propriété intellectuelle, de la corruption, du secret bancaire, des paradis fiscaux et du détournement des fonds, du financement du développement, etc. Signe de ce dynamisme, la multiplication des grands rendez-vous continentaux. Ainsi, ces dernières années ont-elles notamment connu le sommet de Dakar pour l’annulation de la dette (décembre 2000), aboutissement d’une longue mobilisation internationale dans laquelle Jubilé Sud [1] portera haut et fort l’affirmation de revendications spécifiques africaines, l’organisation d’un Forum social africain (Bamako en 2002 puis Addis-Abeba en 2003), déclinaison continentale du Fsm de Porto Alegre, le Forum des peuples de Siby (Mali), réuni en parallèle au rendez-vous du G8, les mobilisations en marges des sommets de Durban et de Johannesburg, des rencontres sur le Nepad (2002) et, tout récemment en Afrique du Sud, sur l’OMC (août 2003). Au-delà des problèmes de langues, les réseaux continentaux se multiplient favorisant une « unification » du mouvement et un rapprochement entre les organisations francophones, anglophones et lusophones. Des comités Attac se créent, surtout en Afrique de l’Ouest, expression d’une aspiration forte à comprendre les mécanismes compliqués de cette mondialisation qui affame l’Afrique, précipite dans la pauvreté des pans toujours plus importants de la population, mais expression aussi d’une volonté d’échanger sur les stratégies de résistance et de construire des ponts entre victimes d’ici et d’ailleurs... Et puis, dispersés, hétérogènes, naissent un peu partout sur le continent des comités contre les privatisations, à l’échelle d’un quartier, d’une ville ou d’une région, pour l’accès à l’eau, à l’électricité, à la santé, à l’éducation, au crédit, au logement, se développent des formes d’économie populaire, surtout portées par des femmes, tout à la fois réponses à l’exclusion et démonstration qu’il est d’autres formes d’organisation économique possibles : coopératives de production, mutuelle de crédit, commerce équitable... Sans oublier les expériences de démocratie locale qui fleurissent ça et là, sur un continent où la décentralisation est aujourd’hui au cœur du processus de démocratisation. Construire de nouvelles solidaritésAu-delà des clichés sur une Afrique exsangue, au-delà des l’énumération des grands maux qui la ravagent, ces mouvements existent, se développent. Mais ils restent fragiles, vulnérables. Sur eux pèsent les contraintes de situations économiques catastrophiques quand elles ne sont pas superposées à des situations de conflit, de guerre et/ou de répression, dans lesquels nos gouvernements et nos marchands d’armes sont souvent impliqués. L’hégémonie grandissante de l’OMC, de la Banque mondiale, du FMI, du G8... modifient les formes de dépendance. Rompre leur isolement, s’ancrer dans des réseaux internationaux est pour eux plus que nécessité. Et notre solidarité ne doit se limiter à la mobilisation pour l’annulation de la dette, aussi essentielle soit-elle. Ou à quelques phrases mentionnant l’Afrique au détour de résolutions internationales. Il y a moyen de peser, d’agir, de participer, à notre place et avec nos moyens [2], pour construire de nouvelles solidarités et permettre aux mouvements africains de prendre toute leur place dans le mouvement altermondialisation. La diffusion de l’information demeure ainsi une priorité. L’inégalité d’accès aux informations n’est plus à démontrer, ses conséquences souvent sous-estimées. C’est le cas par exemple de toutes celles qui concernent les politiques des multinationales. Au Niger, au Sénégal, au Mali, à Maurice, en Afrique du Sud..., là où certaines de nos entreprises, parfois encore publiques, participent au rachat des secteurs de l’eau, des télécommunications, de l’électricité, l’information manque cruellement aux salariés et aux populations, sans possibilité d’anticiper, isolés dans leur résistance. Isolés aussi quand des industries polluantes, très attentives au Nord à ne pas se brouiller avec les consommateurs, perdent tout scrupule quand elles agissent au Sud et font subir aux populations sans vergogne déforestation, pollutions des rivières, de l’air, des terrains mais aussi déplacements forcés avec la complicité des autorités locales, conditions des travail inhumaines, en toute impunité. Le mouvement social en France sait ce qui lui en a coûté de se laisser prendre de vitesse dans sa connaissance et ses analyses des stratégies des multinationales pour élaborer des formes de résistance qui dépassent le cadre national. Aujourd’hui encore, en France, en Europe, on court après l’information, celle qui prévoit une restructuration, un plan social, une délocalisation, celle qui permet de démêler des écheveaux juridiques complexes ou celle qui permet de confronter les dirigeants à leurs engagements. Pire est la situation en Afrique. Passer l’information, la diffuser, proposer des éléments de décryptage, associer le Sud aux campagnes et mouvements est de la responsabilité de ceux qui y ont accès. Tout comme il est de leur responsabilité de faciliter les rencontres et débats entre salariés du Sud et salariés du Nord pour, non pas exporter mécaniquement nos analyses, mais faciliter l’expression des leurs et rendre visibles nos contradictions : sur les délocalisations, le mode de développement, les formes d’organisation..., les regards sont inévitablement loin d’être les mêmes, un mouvement pour "un autre monde" peut-il les ignorer ? Autre exemple, celui des institutions européennes, commission et/ou parlement, où s’élaborent des accords qui peuvent concerner en premier chef les économies africaines. A quel moment de leur élaboration le producteur africain de coton, de cacao, de banane... a-t-il pu intervenir, réagir, comprendre ? La récente directive européenne sur le cacao, qui permet la substitution partielle de graisses végétales à la graisse de cacao dans la fabrication du chocolat, menace ainsi directement les économies africaines productrice, particulièrement la Côte d’Ivoire. Un travail systématique d’aller-et retour, de transmission de l’information sur les accords en cours en direction des organisations concernées en Afrique puis de prise en compte des positions de ces organisations dans les campagnes de lobby menées auprès des institutions européennes est à développer. Tout comme l’information doit circuler sur les politiques agricoles, les cultures d’exportation, la diffusion "sans traçabilité" des OGM, les politiques captatrices des grands semenciers internationaux, tout ce qui peut alimenter la résistance et le combat pour la souveraineté alimentaire des populations du Sud. Les exemples pourraient être nombreux et dans tous les domaines : social, culturel, économique, politique. Plus généralement, il s’agit de ne jamais perdre de vue dans nos luttes et nos analyses une toile de fond d’importance : celle de la longue histoire d’une domination qui maintient encore et toujours le Sud sous le joug du Nord, celle d’une inégalité qui n’en finit pas de se creuser. Un mouvement "pour un autre monde" ne peut faire l’impasse sur la question des rapports Nord-Sud sans se condamner à reproduire l’existant. Dans toute l’Afrique, affichée sur les marchés, dans les gares routières ou les stations de taxi, sur les tee-shirts d’une jeunesse qui n’a pas vécu les luttes pour l’indépendance, la tête de Ben Laden arborée comme un signe de résistance à l’arrogance occidentale pourrait n’être qu’anecdote si elle n’illustrait pas une adhésion de plus en plus populaire à l’idée d’une "guerre des civilisations". Coincées entre l’offensive libérale et celle d’organisations qui attisent la haine sur le terreau des inégalités et des humiliations, les mouvements de résistance en Afrique ont fort à faire pour témoigner qu’une autre voie est possible. Une autre voie qui interroge inévitablement les modèles de croissance et de développement. La construction d’un espace mondial de solidarité et de redistribution des richesses, indispensable au développement des pays du Sud, ne pourra s’entamer sans remise en question des rapports nord-sud, de nos modes de production et de consommation notamment. Y sommes-nous prêts ? [1] Jubilé Sud est un réseau de campagnes nationales pour l’annulation de la dette et de mouvements sociaux qui s’est formellement constitué, à l’initiative notamment des Sud-africains, lors du sommet de Gauteng (Johannesburg) en novembre 1999, sur le mot d’ordre « d’annulation inconditionnelle de la totalité de la dette des pays du Sud », en opposition avec la coalition internationale Jubilé 2000 (coordonnée depuis la Grande Bretagne par Jubilé UK). [2] Les implications de la France en Afrique, des pouvoirs publics tout comme des industriels, sont suffisamment importantes pour qu’elles soient interrogées voire dénoncées par le mouvement social français. |
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