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Agriculture - Accès à la terre - Souveraineté alimentaire - Accaparement des terres
Les organisations paysannes d’Afrique s’adressent au G8 |
15 avril 2009 Les dizaines de millions de productrices et producteurs agricoles organisés au sein des cinq réseaux d’organisations paysannes d’Afrique (EAFF, PROPAC, ROPPA, SACAU, UMAGRI [1]) et réunis au sein de la Plate-forme Africaine des Organisations paysannes, ont conscience que le monde vit des moments cruciaux de son histoire écologique, économique et sociale. Depuis un siècle l’industrialisation a favorisé le réchauffement climatique ce qui a pour conséquence sécheresse, désertification, inondations etc. … La crise financière mondiale a réduit sensiblement le pouvoir d’achat des hommes et des femmes, ce qui a engendré le chômage massif et a aggravé l’insécurité alimentaire. Aujourd’hui, environ 3 milliards de personnes sont privées régulièrement de nourriture. Parmi elles, deux milliards souffrent de carence nutritionnelle et un milliard vit la faim au quotidien. Une partie substantielle de ces personnes vit en Afrique. Les politiques d’ajustement structurel, les institutions financières de Bretton Woods et les Entreprises Multinationales n’ont pas malheureusement amélioré le cadre de vie des ruraux africains. De plus, le système actuel de libéralisation et de globalisation, accentue la pauvreté dans nos pays et crée une dépendance alimentaire. Pourtant, l’Afrique peut nourrir ses populations avec ses fortes potentialités agricoles. En effet, selon la FAO seules 27% des superficies cultivables sont effectivement cultivées et sur un potentiel d’irrigation de 42.5 millions d’hectares, à peine un tiers est utilisé. Pour réaliser les 6% de croissance agricole recommandée par l’Union Africaine dans le volet agricole du NEPAD (CAADP) et réduire de moitié le nombre de personnes qui souffrent de la pauvreté et de la faim à l’horizon 2015, il faudrait sans aucun doute exploiter ces potentialités et placer l’agriculture familiale et les petits producteurs au centre des politiques agricoles, comme semblent le reconnaître les agences du système des nations unies et les institutions financières internationales. La « révolution verte » aujourd’hui prônée pour l’Afrique ne pourra se faire sans une garantie effective de revenu aux producteurs, sans soutiens conséquents, sans protections des marchés locaux et sans investissements conséquents. Elle ne doit pas se faire non plus avec une utilisation effrénée de produits chimiques et des OGM, au détriment de la biodiversité et de l’environnement. Les besoins en investissement de l’Afrique pour développer son agriculture sont de loin inférieurs aux millions de dollars qu’elle consacre pour importer ses aliments et s’approvisionner sur les stocks résiduels des autres continents. Ils n’ont aucune commune mesure avec les sommes faramineuses consacrées à l’armement ou à la gestion de la crise financière actuelle. En 2006, le monde a dépensé 1200 milliards de dollars en armement. Les pays du G20 s’apprêtent à injecter 1000 milliards de dollars pour juguler la crise financière, en plus des centaines de millions de dollars et d’Euros que les gouvernements américains et européens ont octroyés aux banques et aux industries. Depuis 2001, les sommets du G8 se succèdent et se ressemblent. Certes, ce sont des espaces qui s’ouvrent de temps à autres à d’autres pays et aux acteurs non étatiques, mais ce sont surtout des moments de grandes annonces pour de nouveaux engagements des pays les plus riches pour eux-mêmes, pour le monde et pour l’Afrique. Celui d’Avril 2009 sur l’Agriculture devra déroger à la règle en s’attaquant aux problèmes mondiaux, tels que la crise et la sécurité alimentaires. Le Sommet du G8 d’Avril 2009 s’étant fixé comme thèmes de discussion, de traiter des questions agricoles et de sécurité alimentaire, les réseaux d’organisations paysannes d’Afrique ont estimé que c’est de leur devoir de faire part des analyses et suggestions des producteurs agricoles en la matière. DéclarationSur les politiques agricoles Nous productrices et producteurs membres de plate-forme Africaine des organisations paysannes, Considérons que
Exigeons de ce fait,
Sur la gouvernance agricole mondiale et le financement de l’agriculture Nous productrices et producteurs membres de plate-forme Africaine des organisations paysannes, Considérons que
Exigeons que
Du Rôle des Organisations professionnelles agricoles Nous productrices et producteurs membres de plate-forme Africaine des organisations paysannes, Considérons que :
Rome, le 15 Avril 2009 EAFF / PROPAC / ROPPA / SACAU / UMAGRI [1] EAFF : East African Farmers’ Federation ; PROPAC : Plateforme Sous-régionale des organisations paysannes d’Afrique Centrale ; ROPPA : Réseau des Organisations Paysannes et de Producteurs Agricoles de l’Afrique de l’Ouest ; SACAU : Southern African Confederation of Agricultural Unions ; UMAGRI : Union Maghrébine des Agriculteurs |
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