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Message à l’occasion de la marche-meeting du 14 mai 2008 - 14 mai 2008


Voir également :


Corruption - Biens mal acquis : Transparence International France et Sherpa relancent une plainte visant les biens mal acquis détenus en France par cinq dictateurs africains
Travail - Emploi - Syndicalisme : Graves violations des normes fondamentales du travail au Bénin, au Burkina Faso et au Mali


Site(s) web :

abc Burkina :
Confédération Générale du travail du Burkina :
Réseau National de Lutte contre la Corruption :
Thomas Sankara Web Site :
Forum social du Burkina :
ATTAC Burkina :
Confédération paysanne du Faso :
Citizens for Earth :


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Rapport alternatif au Comité sur l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes - par le Mouvement burkinabé des droits de l’Homme et des peuples (MBDHP) - 4 août 2005 (PDF - 147.4 ko)

Message de la Coalition Nationale contre la Vie Chère à l’occasion de la journée nationale de protestation du 26 mai 2009

26 mai 2009


Les maux contre lesquels s’est constituée la Coalition le 12 mars 2008, se sont accrus. Malgré les différentes mesures annoncées par le gouvernement suite à la flambée exceptionnelle des prix des produits de grande consommation l’année dernière, ceux-ci sont soit restés aux mêmes niveaux, soit ont connu d’autres hausses.

Camarades militantes et militants,

Camarades travailleuses et travailleurs, élèves et étudiants, paysans et sans-emploi

Au nom de mes pairs secrétaires généraux des centrales syndicales et des syndicats autonomes, au nom des responsables des réseaux, mouvements et associations de la société civile, membres de la Coalition Nationale contre la Vie Chère, la corruption, la fraude, l’impunité et pour les libertés, je voudrais commencer par vous remercier pour avoir répondu massivement à notre invitation pour les activités entrant dans le cadre de cette journée nationale de protestation.

Camarades, les maux contre lesquels s’est constituée notre Coalition le 12 mars 2008, non seulement ne se sont pas atténués, pire, ils se sont accrus.

La vie chère : malgré les différentes mesures annoncées par le gouvernement suite à la flambée exceptionnelle des prix des produits de grande consommation l’année dernière, ceux-ci sont soit restés aux mêmes niveaux, soit ont connu d’autres hausses. Ainsi :

- En dépit de la chute vertigineuse des prix des produits pétroliers, les prix de l’essence, du gasoil, du pétrole n’ont connu que des baisses dérisoires. Le prétexte trouvé par le gouvernement, c’est que la SONABHY a accumulé au moment des fortes hausses, des pertes importantes qu’elle doit combler !

- les prix des produits céréaliers connaissent des fortes hausses depuis le début de l’année 2009 malgré une bonne saison agricole. Et les explications que tente de donner le gouvernement ne peuvent éluder les responsabilités qu’il porte dans cette situation avec la complaisance qu’il affiche vis-à-vis des spéculateurs qui orchestrent les hausses anarchiques de prix. Libéralisation sauvage oblige !

Face à des prix en hausse continue, les revenus des citoyens sont bloqués, sinon en baisse : les augmentations obtenues par les travailleurs de la Fonction Publique et par les travailleurs du privé restent dérisoires. A ce propos, la dernière rencontre entre une délégation gouvernementale et les syndicats de la Fonction Publique autour de la question des avancements n’a pas abouti à des résultats satisfaisants pour les travailleurs. Alors qu’il assume seul la responsabilité de la non disponibilité des notes, le gouvernement propose de constater et de payer les avancements 2006 en 2009 et renvoie à 2010 le règlement des avancements 2007 et 2008. Si le traitement des avancements de 2006 est conforme aux textes et au bon sens, celui des avancements de 2007 et 2008 est un véritable abus d’autorité en violation flagrante des textes qui régissent les avancements des agents publics.

Nous appelons le gouvernement et plus particulièrement le Premier Ministre à reconsidérer l’option qu’il a faite d’appliquer au forceps le nouveau système d’évaluation. Pour des autorités qui aiment parler de respect de la loi, de bonne gouvernance, c’est un minimum que se conformer aux textes en vigueur. Autrement, elles placent les citoyens dans la légitimité de ne pas se conformer à la loi.

C’est le lieu de dénoncer encore une fois le non respect par le gouvernement des engagements qu’il prend avec les organisations syndicales. En rappel, lors des négociations Gouvernement/Syndicats de 2006, le gouvernement avait déclaré ceci :

«  Un projet de loi rectificative de la loi de finances de l’année 2006 a été adopté par le conseil des Ministres du 07 septembre 2006 et sera soumis à l’Assemblée Nationale au cours de la session en cours. L’adoption de cette loi a permis de dégager six milliards (6.000.000.000) de francs CFA pour la prise en charge financière des avancements constatés.

« La loi de finance 2007 dégage également six milliards (6.000.000.000) de francs CFA et prévoit en plus une inscription budgétaire pour les avancements 2007.

Enfin les dispositions seront prises pour qu’à partir de 2007, il n’y ait plus d’arriérés concernant la prise en charge des avancements constatés. »

La fraude et la corruption : malgré la multitude de structures mises en place connaissent un développement dans tous les secteurs de l’économie et de la vie sociale. Alors que les citoyens et les petits commerçants sont poursuivis et même traqués pour le paiement des impôts et des taxes de douane, ceux qui prennent les grands marchés, ceux qui détiennent de fait des monopoles ou qui font de grosses affaires organisent régulièrement la fraude fiscale et la fraude douanière parce qu’ils sont liés à ceux qui dirigent le pays !

Tant que l’indépendance de la justice sera purement formelle, tant que la justice croisera les bras sur les gros dossiers de fraude et de corruption, notamment ceux révélés par les structures officielles telles que la Cour des Comptes ou la Haute Autorité de Lutte contre la Corruption, tant que la justice se fera complice ou protectrice des criminels et des bourreaux, l’abondant discours sur la lutte contre la Corruption continuera de sonner faux et le mal ne pourra que se propager, d’autant que le mauvais exemple est donné par ceux- mêmes d’en haut.

Les atteintes aux libertés se multiplient malgré l’esprit de responsabilité des organisations syndicales.

Les sanctions abusives prises par le Conseil des ministres du 23 mai 2007 contre les responsables et militants du SAMAE, et les affectations arbitraires infligées aux militants et responsables du SATB sont toujours maintenues malgré les dénonciations des organisations syndicales. Les coupures de salaires pour fait de grève opérées arbitrairement n’ont pas donné lieu à des remboursements pour bon nombre de travailleurs.

La protection due aux délégués du personnel et aux délégués syndicaux conformément à la constitution et au Code du Travail est de plus en plus violée : alors que les licenciements de délégués du personnel opérés depuis des années n’ont toujours pas été levés malgré les jugements prononcés par les plus hautes juridictions, de nombreux autres licenciements de délégués du personnel ont été opérés par les employeurs du privé avec la complicité de certains inspecteurs du Travail. Les cas les plus récents, ce sont les licenciements de délégués du personnel à l’ONEA, et tout dernièrement à Total Burkina, licenciement opéré avec la complicité de la Direction Régionale du Travail et de la Sécurité Sociale du Centre.

Concernant la liberté de réunion et de manifestation sur la voie publique, nous notons des restrictions récurrentes à celle-ci. Déjà suite à la marche de la Coalition du 15 mai 2008, le Maire de la Commune de Ouagadougou, dans une correspondance adressée au président de mois des centrales, avait parlé de « l’avenue de l’indépendance qui fait partie des zones interdites aux manifestations ». Un arrêté en date du 16 avril 2009 signé du Maire de Ouagadougou précise maintenant lesdites zones rouges.

Comme nous l’avions indiqué au maire en réponse à sa correspondance du 28 mai 2008, « Dans un pays qui se veut démocratique, les citoyens doivent avoir la possibilité de s’adresser aux institutions (Présidence, Premier Ministère, Ministères, Assemblée Nationale…) et à leurs responsables pour exposer leurs préoccupations.

Les atteintes aux libertés, ce sont aussi les menaces contre les journalistes. Il suffit de rappeler à ce propos ce passage de la déclaration des centrales syndicales et des syndicats autonomes du 18 février 2009 « les centrales syndicales et syndicats autonomes dénoncent et condamnent sans réserve les menaces de mort proférées à l’encontre des journalistes dans l’exercice de leur métier et plus particulièrement les menaces de mort contre les journalistes des journaux « le Reporter » et « l’Evénement », menaces qui visent entre autres à les décourager dans le style du journalisme d’investigation tant redouté par les commanditaires et auteurs de crimes de sang et de crimes économiques, par ailleurs ennemis de la démocratie et du peuple burkinabè ».

Toujours à propos des atteintes aux libertés, il y a eu, en 2008 la répression abattue par le pouvoir sur les étudiants. En son temps, le mouvement syndical avait dénoncé cette situation. Aujourd’hui, la situation qui prévaut dans les universités ne peut laisser nos organisations indifférentes, avec le risque d’année blanche qui se profile à l’horizon. C’est l’occasion pour nous d’interpeller fortement le gouvernement sur la nécessité d’une résolution diligente et durable des problèmes du système éducatif en général, de ceux de l’enseignement supérieur en particulier. Du reste, le mouvement syndical, de concert avec le Conseil National du Patronat Burkina, a soumis au gouvernement des propositions susceptibles dans ce sens.

Enfin, nous ne pouvons passer sous silence le refus de la Radiodiffusion Nationale de diffuser le communiqué vous invitant à prendre part à la présente manifestation. Ce refus confirme la justesse de notre revendication portant sur l’accès de tous aux media d’Etat. C’est l’occasion pour nous, en attendant d’user d’autres voies, d’interpeller publiquement M. Ouezzin Louis OULON, Directeur de la RNB et le Conseil Supérieur de la Communication (CSC) sur cette gestion partisane d’un media d’Etat.

Camarades militantes et militants, nous vous rappelons que par l’intermédiaire des organisations syndicales, la Coalition a reçu les réponses du gouvernement à sa Plate- Forme d’Action. Dans la perspective des suites que donnera incessamment la coalition nationale contre la vie chère, nous vous invitons à rester mobilisés pour les actions que nous allons sans doute mener d’ici là si le gouvernement ne reconsidère pas les réponses négatives qu’il a données aux différentes préoccupations que nous lui avons soumises.

NON A LA VIE CHERE !

NON A LA CORRUPTION, A LA FRAUDE ET A L’IMPUNITE !

NON AUX ATTEINTES AUX LIBERTES DEMOCRATIQUES ET SYNDICALES !

VIVE LA COALITION NATIONALE CONTRE LA VIE CHERE, LA CORRUPTION, LA FRAUDE, L’IMPUNITE ET POUR LES LIBERTES !

EN AVANT POUR LA SATISFACTION DE NOTRE PLATE-FORME D’ACTION !




Les centrales syndicales et syndicats autonomes du Burkina Faso :- CGT-B – CNTB – CSB – FO/UNSL – ONSL – USTB ;
- SAIB –SATEB– SATB– SNEAB –SAMAE–SYNATEB- SYNATIC - SYNTAS–SYNTRAPOST– SYNAPAGER -SYNATIPB - SYNATRAD–SYSFMAB– SYNATEL– SNESS– UGMB

Les réseaux, mouvements et associations de la société civile : ACAT / BURKINA ; AECC ; AJB ; AS / KEBAYINA-FB ; CODDE ; LDLP ; LIDEJEL ; MBDHP ; MBEJUS ; MOUVEMENT DE LA PAIX ; ODJ ; REN –LAC ; SOCIAL/ALERT ; UGEB





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