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Voir également :


Cameroun : Biya à perpétuité, la démocratie peut attendre
Togo : Annulation de la dette du Togo par la France
Tchad : Présidentielle : la France et l’Union Européenne soutiennent la dictature Déby sous couvert de démocratie
Rwanda : Aucun présumé génocidaire n’a été jugé en France
Djibouti : Une dictature maintenue par la rente stratégique payée par les pays
Burkina Faso : La France doit cesser de soutenir un dictateur face à la révolte de son peuple !
Congo : A contretemps de l’Histoire, la France adoube le dauphin du président Sassou Nguesso
Côte d’Ivoire : La France pyromane ne doit pas jouer au pompier
Burkina Faso : Des imposteurs valident la nouvelle imposture électorale de Blaise Compaoré
Togo : Déclaration des organisation de défense des droits de l’homme suite aux menaces d’un officer français sur un journaliste togolais
Mali : Déclaration de l’AME pour le 1er mai 2010
Rwanda : Appel Citoyen France-Rwanda : Faire toute la lumière sur les "erreurs"
Niger : La France ne doit pas entériner la dictature
Gabon : Coup de force françafricain
Cameroun : Visite officielle de Paul Biya en France


Site(s) web :

Survie :
Pressafrique :
Stop Françafrique :
Survie Media :
Sommet Alternatif Citoyen Afrique-France :
Billets d’Afrique :
Cellule Françafrique - Collectif pour une autre politique de la France en Afrique :
Campagne "Libérons-nous de 50 ans de Françafrique !" :
Commission d’Enquête Citoyenne pour la vérité sur l’implication française dans le génocide :
Kamerun - Une guerre cachée aux origines de la Françafrique :
La Nuit Rwandaise :


Dernier(s) document(s) :

Que fait l’armée française en Afrique ? - Un "4 pages" de Survie - 10 mars 2010 (PDF - 425.3 ko)

De Kolwezi à l’Angola : business et dictature

21 mai 2008
Survie - http://survie.org/


Le mercredi 21 mai, le Président de la République Nicolas Sarkozy, comme il l’avait annoncé en janvier dernier, célèbre aux Invalides le 30ème anniversaire de Kolwezi et les « opérations extérieures », essentiellement les nombreuses interventions françaises en Afrique (officiellement une quarantaine durant les 50 dernières années).

En 1978, la France intervenait militairement au Zaïre (actuelle République Démocratique du Congo) en soutien au dictateur Mobutu, contre les 3000 rebelles du Front de Libération Nationale Congolaise (FLNC). Venus d’Angola, ils avaient pris la ville minière de Kolwezi où résidaient plus de 3000 ressortissants européens (belges et français) travaillant essentiellement à la Gécamines (société d’exploitation des mines de la région du Katanga). Le 19 mai, 600 parachutistes de la Légion étrangère sautaient sur Kolwezi pour reprendre la ville. D’après Mobutu et les militaires français, les rebelles se seraient livrés à des massacres d’Européens. Or, N’Guz Karl-I-Bond, ténor de la politique zaïroise, déclara en 1981, sans être démenti, que le massacre des 130 Européens qui justifiait l’intervention militaire avait été commis sur ordre de Mobutu lui-même pour forcer la main aux Français. A la suite de combats qui firent plus d’un millier de morts zaïrois, les paras français, ayant perdu cinq des leurs, reprirent la ville aux rebelles katangais. Cette « victoire » fut suivie d’atroces représailles sur la population autochtone sous couvert de faire la chasse aux « complices » de la rébellion [1].

Si les Français ont tout fait pour devancer les Belges c’est que cette intervention militaire entre incontestablement dans le cadre de la guerre de prédation des ressources naturelles que se livrent alors les grandes puissances en Afrique [2].

Aucun traité ne permettait cette intervention militaire française au Zaïre, mais cette ingérence permit de conforter le régime corrompu de Mobutu, au pouvoir depuis 1965 après avoir comploté l’assassinat de Lumumba en 1961. Elle déclencha un accroissement du volume de la coopération militaire franco-zaïroise, qui s’est alors accompagné d’une percée spectaculaire des grands groupes industriels français (Thomson-CSF, CGE, Péchiney) sur le marché zaïrois [3]. Pour les populations locales ce fut l’enfoncement funeste dans le chaos et la misère. Est-ce cela aussi que nous célébrons aujourd’hui ?

Un hommage à une politique cynique de puissance (la récente intervention au Tchad en est une preuve flagrante), et que l’inauguration le 21 mai de la nouvelle plateforme offshore de Total au Congo-Brazzaville (champ de Moho-Bilondo) en présence de Christophe de Margerie (Directeur Général du groupe pétrolier), par le secrétaire d’Etat chargé de la Coopération Alain Joyandet ne vient que confirmer ; tout comme le voyage du président Sarkozy en Angola, autre eldorado pétrolier et cible privilégiée des groupes Total ou Bolloré.

Véritable VRP des intérêts privés français, la diplomatie française entend ainsi contribuer à une recolonisation du continent, en compétition avec les nombreux acteurs que peuvent être la Chine ou les Etats-Unis. A qui ira l’argent du pétrole ? Si le Congo a adhéré à l’Initiative de Transparence des Industries Extractives (ITIE), l’Angola n’est pas partie prenante de l’initiative. Surtout, quelles garanties les autorités françaises entendent-elles demander aux régimes de Denis Sassou Nguesso et d’Edouardo Dos Santos sur cette question, qui ont largement détourné l’argent du pétrole et des caisses de l’Etat pour asseoir leur pouvoir, s’enrichir et acquérir de nombreux biens immobiliers en France et ailleurs, comme une récente enquête de la justice française l’a prouvé en ce qui concerne le président congolais ?

Comme dans le cas du Zaïre suite à l’opération sur Kolwezi, le financement par Elf (aujourd’hui Total) de la guerre civile de Sassou Nguesso en 1997, ou les livraisons d’armes dans celle de l’Angola (qui donnera lieu à la fin de l’année au procès de l’Angolagate), permettent aujourd’hui aux entreprises françaises de jeter leur dévolu sur les ressources de ces pays. Dans une interview parue le 20 mai sur lejdd.fr, Alain Joyandet affirmait d’ailleurs : « l’implantation des entreprises françaises en Afrique est l’une de mes priorités ». Etrange conception de la Coopération au développement, digne d’un ministre de l’Economie ou de la guerre. En fait c’est le langage d’un authentique ministre des colonies.

Nicolas Sarkozy, admirateur et émule d’une politique de domination, rend une nouvelle fois la France complice des pires dictateurs, au bénéficie d’une minorité. Une France vue en Afrique comme méprisante, profiteuse et xénophobe, semeuse de misère et de révolte.





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