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Site(s) web :

Radio Kayira :
Coalition des Alternatives Africaines Dette et Développement (CAD Mali) :
Association Malienne des Expulsés :
Mouvement des sans voix (MSV) :
Forum pour un autre Mali :
Forum des peuples :
Forum social de Bamako - janvier 2006 :
Sommet Alternatif Citoyen Afrique-France :


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La Caravane Citoyenne Solidaire et la situation actuelle le long du chemin de fer au Mali
Adresse à l’opinion

17 janvier 2008
Cocidirail -


Pendant 23 jours une quarantaine de femmes et d’hommes de tous âges du Mali, de France et d’Allemagne de toutes conditions sociales, ont bénévolement choisi d’aller à la rencontre des communautés subissant les réalités quotidiennes de la privatisation du chemin de fer.


- Aux chefs de village, chefs de quartier,
- Aux élus locaux et nationaux,
- Aux institutions, associations, syndicats et partis politiques,
- A tous les citoyennes et citoyens du monde épris de Justice de Paix et de Progrès,
- A l’opinion publique nationale et internationale.

La Caravane Citoyenne Solidaire initiée et réalisée par COCIDIRAIL et ICILABAS (Rhône-Alpes, France) a séjourné dans les localités de Kassaro, Badinko, Kita, Boulouli, Toukoto, Fangala, Oualia, Mahina et Kayes du 03 au 25 novembre 2007 a pris fin à la Bourse du Travail à Bamako.

Pendant 23 jours une quarantaine de femmes et d’hommes de tous âges du Mali, de France et d’Allemagne de toutes conditions sociales, ont bénévolement choisi d’aller à la rencontre des communautés subissant les réalités quotidiennes de la privatisation du chemin de fer. Dans chacune de ces localités, où la caravane est restée 2 à 3 jours, les animations théâtrales, les chants et danses folkloriques, les projections de films, les conférences-débats, les réunions publiques, ont réuni des centaines de personnes des sites visités et des villages des environs. Un très vaste champ de réflexion, de discussions et de débats sur les aspects de la vie au niveau local, national et régional a motivé la participation des personnes, des associations, des communautés. Il a été question du rôle et de la place des diverses composantes des populations dans la vie politique, économique, sociale et culturelle de même que des phénomènes économiques et environnementaux globaux. La privatisation du chemin de fer au Mali a occupé une place de choix dans les débats.

A chaque étape, il est clairement apparu que les femmes et les hommes, les communautés et le terroir de notre pays recèlent d’immenses potentialités qui ont été développées et valorisées par l’existence de pistes rurales, de routes en terre améliorées et du chemin de fer. Pendant plus de cent ans, le dur labeur des populations riveraines du chemin de fer et d’ailleurs a été porté et rémunéré par des échanges basés sur la mobilité assurée par la voie ferrée.

Aussi, depuis la privatisation du chemin de fer, les licenciements et la fermeture de 24 gares et haltes sur 36, la suppression de trains nationaux voyageurs et marchandises,…, toutes les communautés s’accordent à dire :
- Qu’elles vivent un désastre humain sans précédent caractérisé par la dégradation extrême de la vie. Par exemple, certaines femmes commerçantes de Kita, comme souvent ailleurs, à force d’endettement à l’égard des organismes de micro crédit, chaque jour, au lever du jour, sont obligées de se réfugier dans la colline jusqu’à la tombée de la nuit.
- Que des collectivités locales, faute de payement de taxes pour cause de baisse drastique des activités économiques, des populations démunies, des opérateurs économiques locaux en panne et des entreprises exonérées, n’arrivent plus (comme à la mairie Kita depuis 17 mois) à payer les salaires de leur personnel. Pendant ce temps les entreprises privatisées comme Transrail et Huicoma sont exonérées du paiement de toute taxe à la ville.
- Que les populations le long du chemin de fer ont fait, font et continueraient, si rien n’était entrepris, à faire les frais de supercheries, de mensonges et de mépris des autorités publiques et de la classe politique de notre pays malgré les multiples démarches effectuées par les élus, les personnalités traditionnelles, aussi bien que les groupements et associations.
- Que les femmes et hommes sont réduits à la misère, malgré les activités de production agricole, arboricole, pastorale, piscicole de cueillette et de chasse, dont les produits périssent à leurs pieds faute d’accéder aux marchés.
- Que la jeunesse est contrainte à abandonner sa famille et sa terre pour tenter sa chance. Les petits enfants, comme à Fangala, et ailleurs, sont obligés d’abandonner l’école communautaire, leurs parents ne pouvant plus en supporter le coût (750 F. CFA = moins de 1,5 euro par élève et par mois).
- Que les cheminots en activité, les cheminots retraités et les ayant droit des cheminots défunts aussi bien que les populations riveraines ont été spoliés dans leurs droits humains les plus élémentaires, souvent acquis au prix de luttes héroïques et courageuses.
- Que les malades, les femmes en travail, la population, sont abandonnés à leur triste sort, proies faciles de la souffrance, de la douleur et de la mort dans des conditions inhumaines. Cela donne toute sa signification au fait qu’à Kayes, la Caravane Citoyenne Solidaire a procédé, à la Maison des cheminots retraités, à l’inauguration émouvante du monument que COCIDIRAIL a dédié aux innombrables victimes de la concession du chemin de fer au Mali.
- Que c’est la première fois, depuis l’indépendance de la République du Mali, que l’occasion a été donnée aux populations de s’exprimer sur l’état des réalités de notre pays.
- Que cette initiative de COCIDIRAIL est, en effet une première au Mali, les communautés rencontrées ont partout salué, et adhéré à son combat en lui donnant mandat d’entreprendre en leur nom toute action et démarche en la matière.

Au total, après plus de quatre années de souffrances inhumaines et de misère indescriptible, conséquences d’une décision politique ignorant les communautés, celles-ci décident de ne plus vivre ces conditions dégradantes et optent désormais de se défendre et de militer pour leurs intérêts.

Comme si la situation désastreuse ci-dessus dépeinte, ne suffisait pas, le gouvernement de la République dans l’arbitraire en violation de la Constitution que, précisons le, ne saurait être lavé par l’opprobre de la loi scélérate du 17 janvier 2006, portant dissolution de la RCFM et autorisant l’Etat du Mali à participer au Capital de Transrail s.a., continue d’engager notre pays, ses maigres deniers, son avenir, en l’endettant, ruinant les générations futures.

L’acte de la signature de la convention de concession le 24 septembre 2003 a donné à Transrail s.a. le bénéfice de plus ONZE milliards de F.CFA (voir annexes), objet d’emprunt accordé, sans aval de l’Etat du Mali, à la direction de la RCFM par la BOAD (depuis septembre 1999) et la AFD – France (depuis mars 2001). Cette importante somme d’argent s’est volatilisée dans les comptes des dirigeants de Transrail s.a.

La gestion calamiteuse de la concession par Transrail s.a. a été reconnue catastrophique par le rapport de l’audit commandité par le Mali et le Sénégal sous l’égide de la Banque mondiale déjà en décembre 2006. Cet état de chose, au lieu d’amener les plus hautes autorités du Mali à se remettre en cause et à préserver les intérêts du pays, de ses populations, a été utilisé pour spéculer d’avantage. Ainsi, elles ont laissé le Sénégal gagner d’avantage de terrain, et Savages Companies vendre ses parts du capital à Vectirus.

La récente rencontre à Paris, les 6 et 7 décembre 2007, va dans le sens du maintien, à tout prix de la situation actuelle malgré ce que cela coûte à la Nation. A ce jour, comme le montre l’effort de recapitalisation de Transrail s.a., mené par le ministre Malien de l’Equipement et des Transports, la concession est un fiasco. Les femmes et les hommes, la jeunesse, les communautés locales, les opérateurs économiques, l’économie locale, aussi bien que les collectivités décentralisées n’ont connu depuis plus de quatre années, que misère, souffrance, dégradation et humiliation.

L’achat de voitures et locomotives pour le transport de voyageurs, l’endettement qu’il a occasionné, la campagne de manipulation, dénoncent les vrais choix des pouvoirs publics maliens.

Le Collectif Citoyen pour la Restitution et le Développement Intégré du Rail Malien (COCIDIRAIL) a très vite analysé la privatisation et a choisi son option. La triste réalité, s’avère être le meilleur allié de COCIDIRAIL. La concession telle que conçue et mise en œuvre est une privatisation qui même si elle se réalisait, a apporté et apportera davantage de misère de plus en plus violente aux communautés et à l’économie. Elle ne laisse présager qu’une perspective de désastre et de recul de notre industrie et de notre culture ferroviaires anciennes de plus de cent ans. A ce jour, le chemin de fer du Mali et son immense patrimoine sont aux mains des belges, sous couvert des congolais et des camerounais, qui ont connu le chemin de fer après nous, dont les pays respectifs sont loin de posséder les spécialistes dont dispose le Mali.

A travers ses femmes, ses hommes, sa jeunesse et ses personnes âgées, ses communautés, face à la dégradation de notre pays, de sa nature et de ses énormes potentialités, au nom de la dignité humaine, COCIDIRAIL appelle :
- Les Elus de la Nation et les élus locaux, les partis politiques,
- Les chefs des Institutions de la République, les associations, les syndicats,
- Les chefs de quartiers, les chefs de village,
- L’opinion publique nationale et internationale,
- Les Citoyennes et les Citoyens, membres de COCIDIRAIL au Mali et dans le monde,

à s’engager afin de stopper le désastre de la privatisation du chemin de fer en le restituant au Peuple Malien pour servir de socle au développement de notre cher pays.

A Réintégrer le Dr Tiécoura TRAORE, injustement licencié, dans ses droits.

Bamako, le 17 janvier 2008

PO/Le Président du CE/COCIDIRAIL, Le Secrétaire Général, Dr. Yacouba DAOU





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