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Europe/ACP - Accords de Cotonou - APE


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Derniers articles :

Des organisations de 30 pays demandent à l’Union européenne de revoir radicalement sa copie - 27 septembre 2009
Standing Firm and Acting Together Against EPAs ! - Third World Network Africa - 28 August 2008
L’UE doit repenser les accords commerciaux inéquitables avant qu’il ne soit trop tard - Oxfam - 24 avril 2008
Rethink unfair EU trade deals before it’s too late - Oxfam - 21 April 2008
Call to action against Europe’s aggressive economic agenda in Africa - Africa Trade Network - 22 February 2008
EU trade agreements pose huge threat to development, campaigners warn - Oxfam - 20 December 2007
Sommet euro-africain de Lisbonne : le sursaut - Attac France - 12 décembre 2007
Africa-Europe - What alternatives? Final Declaration - 9 December 2007
Afrique-Europe – Quelles alternatives ? - 30 novembre 2007
Africa-Europe - What alternatives? - 30 November 2007
Oxfam International reaction to EAC-EU free trade agreement - Oxfam - 27 November 2007
Oxfam warns that rushed trade deals pose serious risks to poor countries’ development - Oxfam - 19 November 2007


Voir également :


Cameroun : Le gouvernement s’oppose au financement par l’Union Européenne d’un projet en faveur des minorités homosexuelles
Environnement - lutte contre le changement climatique : Les milliers de solutions se trouvent entre les mains des peuples
Agriculture - Accès à la terre - Souveraineté alimentaire - Accaparement des terres : L’Union européenne et ses agrocarburants provoquent une ruée sur les terres africaines
Santé : En signant ACTA, la France condamnerait l’accès aux médicaments génériques dans les pays en développement
Togo : L’Union Européenne prise à témoin des fraudes électorales et des exactions de la dictature togolaise
Niger : L’UE doit appliquer les accords de Cotonou
Financement du développement - Aide publique : CONCORD statement on Council Conclusions on Supporting developing countries in coping with the crisis
Financement du développement - Aide publique : Face à la crise, les gouvernements européens tournent le dos aux pauvres
Financement du développement - Aide publique : European governments U-turn on the poor as economic crisis grips
Forum social mondial de Tunis - mars 2013 : Déclaration de la 7ème édition du Forum des Peuples
Mauritanie : En Mauritanie les migrants font l’objet d’arrestations illégales
Financement du développement - Aide publique : Baisse de l’aide au développement des pays riches pour une deuxième année consécutive
Financement du développement - Aide publique : Scandalous lack of progress in EU development aid
Financement du développement - Aide publique : Scandaleux manque de progrès dans l’aide européenne promise aux pays en développement
Mali : Appel de l’Association Malienne des Expulsés et de son collectif de soutien


Site(s) web :

Arrêter les accords de libre échange ACP-UE :
ACP civil society forum :
Epawatch :
Stop-Think-Resist EPAs’ campaign :
Campagnes APE 2007 :
Campagne Stop APE Belgique :
Stop APE Campaign :
Afrique-Europe – Quelles alternatives ? :
Bilaterals.org :
Trade and Development Studies (TRADES) :
Unité de Recherche, de Formation et d’Information sur la Globalisation :


Dernier(s) document(s) :

Economic Partnership Agreements : The new game of divide and rule - By the Labour Resource and Research Institute (LaRRI) - 15 septembre 2008 (Word - 166.5 ko)
Partenariat ou jeu de pouvoir - Comment l’Europe devrait intégrer le développement dans ses accords commerciaux avec les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique - Oxfam Briefing Paper - 30 avril 2008 (PDF - 643.9 ko)
Une question de volonté politique : Comment l’Union Européenne peut préserver l’accès au marché pour les pays ACP en l’absence d’APE - Un rapport de Third World Network Africa et d’Oxfam - 25 avril 2007 (PDF - 373.9 ko)
Trade traps : Why EU-ACP Economic Partnership Agreements - By ActionAid - 4 février 2007 (PDF - 764.2 ko)
Évaluation à mi parcours des négociations de l’APE entre les régions ACP et l’Union européenne - Contribution indépendante des réseaux régionaux d’organisations paysannes (EAFF, PROPAC, ROPPA, SACAU, WINFA) - 1er janvier 2007 (PDF - 487.3 ko)
Partenaires inégaux : Comment les Accords de Partenariat Economique (APE) UE-ACP pourraient nuire aux perspectives de développement d’un grand nombre de pays parmi les plus pauvres - Document d’information d’Oxfam - 27 septembre 2006 (PDF - 243.5 ko)
La négociation des accords de partenariat économique avec les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique - Rapport d’information de la Délégation pour Union Européenne de l’Assemblée Nationale française, par Jean-Claude Lefort, député - 5 juillet 2006 (PDF - 1.3 Mo)
The trade escape - WTO rules and alternatives to free trade Economic Partnership Agreements / Les règles de l’OMC et des alternatives aux accords de partenariat économique - ActionAid report - 2 septembre 2005 (PDF - 802 ko)

Afrique Europe : Quelles alternatives ? Déclaration finale

9 décembre 2007


Nous, militants de la société civile engagés dans de nombreux mouvements de base et organisations citoyennes en Afrique et en Europe, nous sommes rencontrés à Lisbonne du 7 au 9 décembre 2007 pour exprimer notre opposition et notre résistance aux politiques néolibérales que les gouvernements européens et africains mettent en oeuvre dans nos pays, et dont ils veulent faire le cadre structurant du « Partenariat stratégique Afrique-UE ».

Alors que les dirigeants de deux continents se rassemblaient à Lisbonne pour décider du futur de l’Afrique, nous nous sommes réunis pour approfondir le dialogue politique et social entre nos peuples car nous défendons notre droit à résister et proposer des alternatives à ces politiques, et nous avons confiance en notre capacité à les mettre en pratique.

Les participants africains comme européens ont noté le rôle passé et présent des gouvernements et des acteurs économiques européens en Afrique ; ils ont insisté sur le fait que l’Europe constitue la source de menace et de pression la plus directe pour les peuples d’Afrique. Nous considérons que le Partenariat stratégique UE-UA représente une menace cohérente et immédiate pour l’Afrique et nous rejetons ses principes et son plan d’action.

Nous dénonçons également la politique européenne en matière de visas, qui a empêché hommes et femmes impliqués dans les mouvements sociaux africains d’être présents à Lisbonne pour participer à nos débats sur les alternatives que nous souhaitons promouvoir. Nous leur dédions cette déclaration. Au cours de nos échanges, confrontions et débats intenses sur les quatre principaux thèmes de préoccupation commune, nous avons identifié de nombreux enjeux, à partir desquels nous avons choisi de prioriser les propositions suivantes :

Sur le développement économique

En tirant partie de l’endettement externe de la plupart des pays africains, les gouvernements européens, agissant notamment à travers le FMI, la Banque mondiale et plus récemment l’OMC, leur ont imposé des programmes d’ajustement structurel radicaux. Après plus de 2 décennies de libéralisation commerciale et de promotion de modèles économiques fondés sur la croissance des exportations, la libéralisation des marchés de capitaux, la promotion d’investissements étrangers et la privatisation des services publics dans les pays africains, les effets négatifs sont évidents et confortent notre opposition à de telles politiques et institutions. Plus récemment les pays africains, tout comme ceux des Caraïbes et du Pacifique, ont été confrontés à la perspective de voir ces politiques encore renforcées à travers les APE proposés par l’UE. Dans ce contexte nous demandons que :

- Les gouvernements européens cessent d’imposer des politiques économiques destructrices aux pays africains à travers le FMI, la Banque mondiale, l’OMC et tous les acteurs commerciaux bilatéraux et régionaux
- Les gouvernements européens et les banques annulent immédiatement la dette externe de l’Afrique et reconnaissent leur dette écologique et sociale à l’encontre du continent
- La Commission européenne cesse d’exercer des pressions sur les gouvernements africains et qu’ils retirent leurs demandes concernant les APE
- Les gouvernements africains résistent à ces pressions en refusant de signer les APE
- Les entreprises multinationales européennes mettent fin à l’extraction prédatrice des ressources naturelles africaines, à la destruction des équilibres écologiques et à l’exploitation des peuples Nous en appelons aux citoyens européens afin qu’ils rejettent le dit « nouveau traité » européen, qui renforce le pouvoir de la Commission européenne en matière de commerce et de développement, et réduit d’avantage la capacité des citoyens à influencer démocratiquement ses politiques.

Sur la souveraineté alimentaire, l’agriculture et les ressources naturelles

Nous faisons notre le principe de souveraineté alimentaire que les mouvements citoyens, dans toutes les régions du monde, érigent en alternative au modèle néolibéral de production agricole et alimentaire fondé sur l’agrobusiness et le contrôle des transnationales.

Parmi les menaces au droit à l’alimentation et au droit des communautés à produire elles-mêmes leur nourriture, nous dénonçons avant tout les suivantes, tout en nous engageant à les combattre ensemble :

- La libéralisation de l’agriculture et du commerce à travers l’ajustement structurel, la réforme de la PAC, les APE ou l’Accord sur l’agriculture de l’OMC
- La perte de souveraineté politique par les Etats africains, privés de la capacité de soutenir leurs agricultures et de protéger les marchés régionaux et locaux
- Les politiques qui promeuvent la privatisation des semences et de la biodiversité, propagent les OGM, et le concept de propriété intellectuelle tel qu’il est utilisé et revendiqué par les multinationales de l’agrobusiness
- La création d’un marché global de biocarburants, encouragé par la fixation d’objectifs européens en la matière et la création de subventions à leurs productions
- Les politiques foncières qui favorisent les multinationales au détriment des paysans et des générations futures
- Les stratégies pour le développement agricole de l’Afrique, dominée par les bailleurs internationaux membres de l’UE ou l’OCDE

Nous défendons le droit des pays d’Afrique et d’Europe à soutenir les petits producteurs agricoles à travers des politiques publiques dès lors que ce soutien n’affecte pas négativement les paysans des autres pays et régions.

Sur les droits humains

Nous dénonçons le soutien octroyé par l’UE aux régimes autoritaires et dictatoriaux en Afrique, tout comme les violations des droits humains et les entraves à la démocratie fréquentes en Europe comme en Afrique. Les conventions et les règlements existent mais demeurent lettre morte dans les faits. Nous en appelons aux Etats d’Afrique et d’Europe et leurs organisations régionales pour qu’ils soutiennent la démocratie et les droits humains, en particulier à travers les engagements suivants :

- Soutenir le développement d’une culture démocratique, en particulier à travers des processus électoraux transparents et crédibles, associant la société civile à toutes leurs étapes (depuis l’éducation civique jusqu’à la supervision des élections) ; dans cette perspective nous condamnons la responsabilité des Etats membres de l’UE dans le commerce international d’armements
- Contrôler, par la mise en oeuvre d’instruments légaux contraignants, les entreprises multinationales, et particulièrement celles actives dans le champ des industries extractives, afin que cessent les violations des droits humains et leur implication dans les conflits locaux et régionaux et qu’elles deviennent responsables, dans leurs propres pays, des infractions et délits qu’elles commettront à l’étranger
- Donner plus d’espaces aux contre-pouvoirs tels que les organisations citoyennes et les medias alternatifs, par exemple en facilitant leur implication dans les processus de paixDévelopper la démocratisation, à travers le renforcement du rôle des Parlements, notamment le Parlement européen, promouvoir des mécanismes d’élaboration et de décision politique qui soient transparents et cohérents, enfin rendre les institutions politiques communautaires et des Etats membres responsables devant les citoyens
- Promouvoir les droits humains, notamment les droits sexuels et reproductifs des femmes ; nous rejetons les violences sexistes, les mariages forcés et toutes les autres pratiques qui constituent des violations des droits humains et tuent des milliers de femmes et de fillettes chaque année
- Promouvoir la liberté d’expression et de presse, promouvoir la Cour africaine sur les droits humains et toutes les autres institutions de même nature à l’échelle des Etats ou des régions, et leur accessibilité pour les sociétés civiles
- Obtenir des IFI, de l’OMC et des autres accords commerciaux, la reconnaissance du droit à l’alimentation, à l’éducation, à la santé et à tous les autres services de base

Sur les migrations

Considérant que :

- Les politiques migratoires actuelles sont conçues en fonction de préoccupations sécuritaires et d’une logique d’exploitation des êtres humains, qu’elles criminalisent les migrations et menacent leurs droits à la fois en Europe et en Afrique
- L’émigration massive est largement le produit des politiques européens qui dénient la reconnaissance de leurs droits économiques, sociaux et culturels aux populations africaines, en premier lieu desquels le droit à l’alimentation
- Que les politiques migratoires actuelles sont racistes et, loin de prendre en compte les besoins réels de développement des sociétés, ruinent toute possibilité de développement durable

Nous rejetons :

- L’externalisation des contrôles aux frontières imposée par l’UE aux gouvernements africains, désormais responsables de sa mise en oeuvre
- La politique de détention, d’expulsion, de déportation et les accords de réadmissionLe programme Frontex, qui représente un énorme investissement vers la militarisation du contrôle des frontières, créant les bases pour des interventions directes dans les pays africains et exprimant une véritable déclaration de guerre aux migrants
- Toutes les mesures et les politiques qui promeuvent exclusivement les migrations temporaires mais systématisent la fuite des cerveaux
- Toutes les politiques économiques et les accords commerciaux suscitant la restructuration des économies locales, l’accroissement des inégalités sociales et la destruction de l’emploi local et des revenus

Nous demandons que :

- Les politiques migratoires soient basées sur la reconnaissance des droits humains fondamentaux et des droits du travail garantis par les instruments et protocoles de l’ONU et de l’OIT, notamment la liberté de circulation et la reconnaissance du droit d’asile et des statuts de réfugiés de la faim et de réfugiés environnementaux
- Tous les gouvernements européens ratifient et mettent en oeuvre la Convention internationale sur le droit des travailleurs migrants et de leurs familles, et qu’ils assurent la pleine mise en pratique du droit d’asile
- La reconnaissance des droits fondamentaux, dont l’éducation, la santé, le logement, pour les sanspapiers, et leur régularisation inconditionnelle

Ces préoccupations et ces aspirations nous ont réunis à Lisbonne. Nous nous engageons à renforcer les solidarités interrégionales et la coopération entre nous mouvements et nos organisations, et à construire des alternatives centrées sur les droits des peuples.

En particulier nous continuerons à faire campagne pour :

- Stopper les Accords de partenariat économique (APE)
- Stopper la Stratégie dite “Global Europe” sur la compétitivité interne et externe de l’UE
- Soutenir le moratoire sur les biocarburants
- Obtenir la liberté de circulation pour tous

Nous travaillerons pour faire émerger de nouvelles stratégies de développement économique fondées sur la solidarité, la complémentarité, la paix et la satisfaction des droits humains de tous les peuples d’Afrique et d’Europe. Nous utiliserons un certain nombre d’échéances du calendrier des mouvements citoyens et sociaux d’Europe et d’Afrique tels que…

- La Journée d’action globale du Forum social mondial le 26 janvier 2008
- La 12ème réunion de la CNUCED (Accra, avril 2008)
- La Conférence sur l’Europe globale et les Accords de libre-échange européens (Bruxelles, avril 2008)
- Le 5e Forum social européen (Malmo, septembre 2008)
- Le Forum social mondial des migrations (Madrid, septembre 2008)

… afin de relier nos initiatives, construire nos alliances et créer les conditions d’un monde juste et stable sur le plan écologique.

Lisbonne, 9 décembre 2007





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