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Voir également :


Travail - Emploi - Syndicalisme : Afrique : insécurité, troubles politiques et conflits armés à l’origine de violations des droits syndicaux
Travail - Emploi - Syndicalisme : Africa: Insecurity, political unrest and armed conflict at the root of trade union rights violations
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Site(s) web :

Ligue Iteka :
Journaliste En Danger - Afrique Centrale :


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Un bilan macabre de la crise alimentaire alarmante au Burundi

27 février 2007
Iteka - Ligue burundaise des Droits de l’Homme - http://www.ligue-iteka.africa-web.org/


Depuis le début de l’année agricole 2006-2007, le pays a connu des irrégularités des pluies, ce qui a fait que la saison culturale 2007 a commencé avec un certain retard. Au début, les premières pluies étaient tombées au bon moment, c’est-à-dire à la deuxième semaine du mois de septembre, correspondant normalement au début de la première saison culturale. Certains agriculteurs se sont précipités pour semer, mais malheureusement, ces pluies ont été suivies par une longue sécheresse qui a endommagé les cultures issues des semis précoces. Les pluies sont retombées à la 3ème semaine du mois d’octobre et c’est à cette période que les semis et plantations tardifs ont été effectués. Tout au début, les plantations donnaient l’impression que la récolte serait bonne. Mais des pluies diluviennes ont détruit des hectares de plantations.

Les maladies qui attaquent les plantes associées aux aléas climatiques ont provoqué une baisse considérable de la production agricole. Ces maladies ont frappé principalement les cultures de manioc, de colocase, de la banane qui constituent des denrées de base. La famine frappe fort partout dans le pays et des mesures pour parer à ce problème ne sont pas visibles. La population meurt de faim depuis plus de trois ans et le gouvernement ne présente pas de programme pour faire face à ce problème.

La population Burundaise compte 1.600.000 ménages dont 400.000 sont en besoin urgent de nourriture. Des enquêtes devraient être faites pour mesurer le déficit alimentaire et songer à importer les aliments ou à demander des aides à l’ extérieur pour nourrir la population affamée en attendant l’aboutissement des recherches sur les nouvelles variétés résistantes aux maladies

Beaucoup de cas de décès sont signalés ici et là, des pères de famille quittent leurs ménages et partent vers des destinations inconnues. Des mères qui ne supportent pas voir leurs enfants mourir de faim les laissent dans des places publiques espérant que des âmes charitables les retrouveront pour les nourrir. On enregistre aussi beaucoup d’abandons surtout au niveau des écoles primaires.

Des rapports administratifs donnent un bilan sombre des dégâts occasionnés par les aléas climatiques.

Les rapports que les administrateurs communaux de la province Ngozi ont donnés au cours d’une réunion qu’ils ont tenue avec le gouverneur en date du 31 Janvier 2007 sont très inquiétants. Selon ces rapports, 115 personnes sont déjà mortes de famine et c’est la commune de Marangara qui vient en tête avec 59 décès.

Plus de 2000 élèves ont déjà abandonné l’école dont 800 abandons en commune de Ruhororo. Plusieurs hectares de plantations ont été endommagés par des pluies diluviennes. Selon les mêmes rapports, 160.000 hectares de haricot, 60.000 hectares de maïs et 20.000 hectares de pomme de terre ont été emportés par des pluies. Environ 300 maisons et 26 salles de classes ont été détruites.

En province de Kayanza, la situation n’est pas différente. Le nombre de décès est de 134 personnes. Plus de 1.000 chefs de ménages ont abandonné leurs familles et 159 ménages se sont déplacés vers le Rwanda ou vers les provinces frontalières. Les enfants qui ont abandonné l’école sont au nombre de 2718 et la majorité sont ceux des 1ères années.

Dans les provinces de Cibitoke, Bubanza et Gitega, la situation est relativement bonne par rapport aux deux précédentes provinces. Le nombre de décès est de 2 à Bubanza et 12 à Gitega. Le nombre d’enfants qui ont abandonné l’école est de 1702 enfants à Bubanza, et 3658 en province Cibitoke.

Par ailleurs, le PAM essaie d’apporter une aide alimentaire d’urgence, mais celle-ci est insuffisante. Selon M. Guillaume Foliot, chargé des opérations au PAM, 400.000 personnes des provinces de Cankuzo, Kirundo, Karusi, Muyinga, Ngozi et Kayanza, ont été assistés dès la première semaine de janvier 2007. Il ajoute que le PAM compte appuyer 300.000 personnes par an touchées par les inondations, en faisant noter que cet effectif reste insuffisant par rapport aux besoins.

La situation alimentaire va rester précaire pendant toute l’année et à travers le pays, 70% de la population ne mangent pas à leur faim. Le Burundi connaît un déficit de 330.000 tonnes de vivres qui ne sont pas couverts ni par l’assistance alimentaire ni par la production agricole. Si le gouvernement n’ y prend pas garde, la population mourra de faim.

Certains commerçants commencent à importer des pommes de terre, de la farine de maïs et de manioc en provenance de l’Ouganda. Ces produits restent rares et sont par conséquent chers. Le gouvernement devrait les épauler et chercher d’autres sources d’approvisionnement.

Parallèlement à l’importation des vivres, les agriculteurs et éleveurs devraient adopter des techniques culturales modernes qui marient la sauvegarde de l’environnement et l’augmentation de la production. Il s’agit entre autres des techniques de lutte contre l’érosion, du reboisement, du traçage des fossés antiérosifs ainsi que l’aménagement des marais. Les agriculteurs éleveurs doivent aussi s’adonner aux cultures de soudures telle que la patate douce, le manioc résistant à la mosaïque sévère et les variétés de colocase qui résistent aux champignons.





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