libération afrique
Solidarité internationale et luttes sociales en Afrique subsaharienne
 

Accueil | Qui sommes nous ? | Actualité | Dossiers | Pays | Liens
 
Enregistrer au format PDF   afficher une version imprimable de cet article



Abonnez-vous à la
lettre d'information
de Libération Afrique




Derniers articles :

Le Sénégal doit cesser de réprimer les voix dissidentes alors que deux manifestants ont été tués - Amnesty International - 31 janvier 2012
Thiat de "Y’EN A MARRE" à la Dic : Non au prisonnier d’opinion au Sénégal - RADDHO - 26 juillet 2011
Déclaration des organisations de la société civile sénégalaise suite aux mobilisations du 23 juin 2011 - 30 juin 2011
Menaces sur la Constitution sur fond d’attaques contre la société civile - FIDH - 22 juin 2011
Une loi encourage la violence contre les homosexuels - Human Rights Watch - 30 novembre 2010
Des organisations de la société civile dénoncent les violations par le Sénégal de la Convention des Nations unies sur les droits des travailleurs migrants - 23 novembre 2010
Manifeste du Cadre de Concertation et d’Action de la Société Civile (CASC) - 4 mai 2010
Une décision de justice démontre la nécessité de dépénaliser l’homosexualité - FIDH - RADDHO - 22 avril 2009
Les Nations Unies doivent exiger du Sénégal qu’il démarre sans délai le procès de Hissène Habré - Human Rights Watch - 5 février 2009
Non a la Criminalisation de l’opposition politique - RADDHO - 27 janvier 2009
Appel pour la libération immédiate de 9 hommes jugés sur la base de leur présumée conduite sexuelle - 14 janvier 2009
Le président de AIDES Sénégal condamné à 8 ans de prison ferme pour avoir lutté contre le sida ! - AIDES - 13 janvier 2009


Voir également :


Migrations - Réfugié(e)s : Les associations appellent les députés à refuser les accords de "gestion concertée" des migrations soumis à leur vote le 14 mai
Tchad : Les victimes accusent Hissène Habré de crimes contre l’humanité
Lutte contre l’impunité : Sommet de l’Union africaine : Hissène Habré doit être jugé
Lutte contre l’impunité : L’ONU exhorte le Sénégal à réouvrir le dossier Hissène Habré
Dette : Dette des pays pauvres : la trahison du FMI
Lutte contre l’impunité : Les crimes de l’ancien dictateur tchadien entre les mains de l’Union africaine
Lutte contre l’impunité : Senegal Places Crimes of Ex-Chad Dictator in Hands of African Union
Tchad : La Justice belge demande l’extradition d’Hissène Habré


Site(s) web :

Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR) - Sénégal :
Conseil des ONG d’Appui au Développement (CONGAD) :
Forum Social Sénégalais :


Dernier(s) document(s) :

Craindre pour sa vie : violences contre les hommes gays et perçus comme tels au Sénégal - Un rapport d’Human Rights Watch - 30 novembre 2010 (PDF - 1.1 Mo)
Les droits des travailleurs migrants au Sénégal - Rapport alternatif de la société civile sur le respect par le gouvernement sénégalais de ses obligations en vertu de la Convention des Nations Unies sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille - 23 novembre 2010 (PDF - 652.3 ko)
Touche pas à mon poisson : Comment les Accords de Partenariat Economique (APE) peuvent empirer la baisse des stocks de poisson et la crise alimentaire au Sénégal - Un rapport de Mariano IOSSA, Papa NDARY NIANG et Alexandre POLACK pour ActionAid - 29 mai 2008 (PDF - 870.6 ko)
Debt and destruction in Senegal - A study of twenty years of IMF and World Bank policies by World Development Movement - novembre 2003 (PDF - 209.6 ko)

Forum social sénégalais
Non aux APE dans leur forme actuelle !

30 novembre 2006
Arnaud Zacharie - CNCD / 11.11.11 - http://www.cncd.be


Du 27 au 29 novembre 2006, plus de 1.200 personnes se sont réunies à Kaolack, dans le bassin arachidier du Sénégal, en vue de préparer le Forum social mondial de Nairobi (janvier 2007) et de lancer la campagne contre les accords de partenariat économique (APE) en cours de négociation entre l’Union européenne et les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique). Ces accords, censés être signés d’ici le 1er janvier 2008, sont négociés par l’Union européenne avec les zones régionales ACP préalablement définies − la CEDEAO pour l’Afrique de l’Ouest.

Les centaines de participants au Forum social sénégalais, coordonné par le CONGAD (Coalition des ONG d’appui au développement du Sénégal), étaient en majorité des agriculteurs membres du CNCR (Conseil national de concertation et de coopération des ruraux), mais aussi des représentants d’ONG et de syndicats, dont de nombreuses femmes membres de l’APROFES (Association pour la promotion de la femme sénégalaise). Les APE représentant un enjeu régional, des membres d’organisations sœurs d’Afrique de l’Ouest étaient également de la partie, en provenance de Gambie, de Sierra Leone, du Mali, du Burkina Faso, de Guinée et du Bénin.

Cinq ateliers ont permis de débattre du contenu des APE, de leurs conséquences sur le développement et la souveraineté alimentaire, mais aussi et surtout sur les alternatives et les stratégies à mener pour éviter leur mise en œuvre dans leur forme actuelle. En effet, l’Union européenne, qui désire libéraliser au moins 90% des secteurs commerciaux de la région, met en avant les avantages que ces APE apporteraient selon elle : d’une part, ils permettraient aux exportations africaines un accès total à l’immense marché européen, augmentant d’autant les recettes d’exportation de ces pays. D’autre part, ils faciliteraient l’importation de produits européens à bas prix et de biens d’équipement, ce qui augmenterait à la fois le pouvoir d’achat des populations et la compétitivité des économies locales.

Le problème est qu’en matière d’accès au marché européen, les PMA (les 49 pays les moins avancés dont la plupart des pays d’Afrique subsaharienne font partie) disposent déjà de l’initiative « Tout sauf les armes ». En clair, cet avantage qu’apporteraient les APE n’en est pas un, puisqu’il existe déjà pour l’extrême majorité des pays d’Afrique subsaharienne, et donc d’Afrique de l’Ouest. Par contre, les désavantages que représenterait une nouvelle baisse des tarifs douaniers seraient considérables pour ces pays, surtout que l’Union européenne demande la libéralisation de 90% des secteurs.

D’abord, ils verraient leurs revenus fiscaux diminuer de 10 à 20% selon les pays du fait de la diminution des tarifs douaniers, rognant d’autant les revenus publics nécessaires au financement des services sociaux. Ensuite, ils se retrouveraient encore plus concurrencés par les produits européens à bas prix, ce qui affecterait notamment les revenus des paysans devant déjà faire face à une concurrence déloyale suite à l’accord agricole de l’OMC, pourtant bien moins radical que les APE. En effet, les APE sont fondés sur un tarif à quatre bandes (0, 5, 10 ou 20% maximum), alors que l’OMC permet des protections plus élevées pour les secteurs vitaux, comme le secteur céréalier dont les barrières s’élèvent à plus de 80%. Enfin, cette baisse de revenus empêcherait à ces pays d’importer les biens en équipement, ce qui fait par exemple dire aux Britanniques, très pragmatiques, qu’il est ridicule d’appauvrir ces pays avec nos exportations agricoles, car ils seront de ce fait incapables d’acheter ensuite nos biens en équipement.

Par conséquent, les APE dans leur forme actuelle n’apporteraient quasi aucun avantage nouveau en terme d’accès au marché européen, mais exacerberaient l’inondation des marchés africains par des produits à bas prix, tuant tout espoir de souveraineté alimentaire et d’industrialisation dans ces régions. Des études d’impact par pays ACP ont été commandées par la Commission européenne, mais n’ont pas été reconnues une fois réalisées !

Il suffirait pourtant à l’Union européenne de retrouver la mémoire et de réaliser que la politique agricole commune, lancée dans les années 1960, a précisément eu pour objectif de protéger et soutenir collectivement l’agriculture européenne en vue de garantir des revenus suffisamment rémunérateurs aux producteurs européens. Depuis les réformes successives de la PAC en vue de l’adapter aux règles de l’OMC, ce système de préférence communautaire a évolué, mais ce système a tout de même été de mise durant trois décennies et est loin d’être totalement démantelé. L’Afrique de l’Ouest a d’ailleurs lancé sa propre politique agricole commune (Ecowap) le 1er janvier 2005. Mais en limitant à 20% maximum le tarif extérieur commun de la région, les gouvernements ont par la suite emprunté des chemins bien éloignés de ceux qu’implique une véritable politique agricole commune.

Plus généralement, il semble indispensable de garantir une véritable intégration régionale des sous régions africaines avant de conclure des zones de libre échange aussi radicales avec elles. En effet, alors que plus de 60% des échanges commerciaux européens se réalisent entre Etats membre de l’Union, c’est moins de 10% des échanges commerciaux des pays d’Afrique de l’Ouest qui se réalisent entre Etats membres de la CEDEAO. Tant que des produits aussi élémentaires que le riz, le lait, les oignons ou les viandes seront importés par ces pays, il semble difficile d’imaginer un processus d’industrialisation et, à tout le moins, de développement social et de réduction de l’extrême pauvreté en milieu rural. Cela implique la mise en œuvre de tarifs extérieurs communs autrement plus élevés que les 20% maximums prévus par les APE, mais aussi de promouvoir les échanges intra régionaux en éliminant les diverses formes de restrictions que continuent de tolérer la plupart des gouvernements africains.

C’est pourquoi le Forum social sénégalais a réalisé un mémorandum qui a été adressé au gouverneur de la région de Kaolack et au ministre sénégalais du commerce. Son message : pour garantir la souveraineté alimentaire du pays et le développement de la sous région, le Sénégal et la CEDEAO doivent refuser de signer les APE dans leur forme actuelle. La prochaine étape sera le Forum social mondial, en vue de coordonner les actions entre organisations ACP et européennes et pour enrayer et réorienter le processus censé aboutir en décembre 2007.





Accueil | Qui sommes nous ? | Actualité | Dossiers | Pays | Liens
Libération Afrique c/o Cedetim - 21ter, rue Voltaire - 75 011 Paris - France- Tél : +33 (0) 1 43 71 62 12 -
Ce site est réalisé avec PHP, MySQL et SPIP, logiciels libres sous licence GNU/GPL