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Voir également :


Sommets du G8 - G20 : Déclaration Finale du Forum des Peuples de Niono
République démocratique du Congo : Appel à une mobilisation citoyenne contre le néolibéralisme pour un Congo juste, prospère et fort
Luttes des femmes : Déclaration finale du Forum des luttes féministes africaines
Kenya : Somali refugees need protection not abuse
Kenya : les réfugiés somaliens ont besoin d’une protection contre les atteintes aux droits humains
Sénégal : Des organisations de la société civile dénoncent les violations par le Sénégal de la Convention des Nations unies sur les droits des travailleurs migrants
Habitat : Déclaration Finale du Forum des Déguerpi-e-s dans tous leurs Etats - Ouagadougou
Habitat : Déclaration Finale du Forum des Déguerpi-e-s dans tous leurs Etats - Bamako
Forum social mondial de Tunis - mars 2013 : Consultation publique des axes du forum social mondial de Dakar
Mali : Déclaration des Expulsés Maliens de la Libye du 3 Mai 2010
Mali : Déclaration de l’AME pour le 1er mai 2010
Forum social mondial de Tunis - mars 2013 : Déclaration finale du 8ème Forum des peuples de Bandiagara au Mali
Mali : Déclaration de l’association malienne des expulsés sur la visite de Besson
Mauritanie : Déclaration de l’Association mauritanienne des droits de l’homme pour la fermeture du centre de rétention de Nouadhibou
Afrique du Sud : End Strain on Asylum System and Protect Zimbabweans


Site(s) web :

Pambazuka News - Refugees and Forced Migration :
Charte Mondiale des Migrants :
Association Malienne des Expulsés :
Stop Kwassa :

Conférence ministérielle Euro-africaine sur les migrations
Le développement durable n’est pas compatible avec la politique répressive de la Belgique et de l’Union européenne

11 juillet 2006
CNCD - http://www.cncd.be


La soixantaine de représentants de haut niveau d’Europe et d’Afrique présents lors de la conférence euro-africaine sur les migrations ouverte hier à Rabat, dont le Ministre Belge de la coopération Armand De Decker, tenteront d’aboutir à des réponses politiques concertées aux défis posés par les phénomènes migratoires. La réponse politique commune qui se profile constitue non seulement une menace pour les droits fondamentaux des immigrés mais aussi pour une politique de coopération durable et véritablement centrée sur les besoins des populations du sud.

En effet, l’objectif premier recherché par les pays européens est la réduction des "flux migratoires" en provenance des pays africains. Pour ce faire, les portes sont ouvertes à l’instrumentalisation de la coopération au développement au nom de l’objectif d’une gestion des flux migratoires. En effet, parmi les thématiques à l’ordre du jour de la conférence, il s’agira entre autres d’étudier la meilleure manière d’utiliser des budgets financés notamment par le Fonds Européen pour le Développement (FED) pour former et renforcer les capacités des policiers et agents de douane des pays limitrophes et renforcer ainsi les frontières de l’Union.

Le développement permet-il de réduire les flux migratoires ? La réponse dépend de l’horizon.

A long terme, probablement mais à court terme, certainement pas. Tout développement introduit des déséquilibres socio-économiques et culturels profonds. Dans des régions rurales, le bouleversement des rapports sociaux entraîne un exode et alimente les flux migratoires. Ce n’est que dans un deuxième temps, longtemps après, quand les effets combinés de la transition démographique et de l’accroissement de la productivité agricole se font sentir, que l’émigration s’épuise et que, parfois, les flux peuvent s’inverser. Dès lors, vouloir rendre compatible les objectifs de développement et de réduction des flux migratoires semble à tout égard incohérent.

Il n’y a de cohérence possible entre politiques de coopération et politiques migratoires que dans le sens d’une démocratisation des frontières et une redéfinition des politiques de l’accueil où l’impératif fondamental n’est pas celui de la "gestion des flux", mais plutôt celui du respect des droits fondamentaux.

Pour le CNCD-11.11.11, ainsi qu’il l’a été récemment défini à Rabat, cela passe par :

- 1) le renoncement à l’idéologie sécuritaire et répressive qui oriente aujourd’hui les politiques migratoires, notamment à « l’externalisation » de l’asile et des contrôles aux frontières, à la criminalisation des migrations, ainsi qu’à toute loi raciste, xénophobe ou discriminatoire ;

- 2) la refondation des politiques migratoires sur la base du respect des droits humains, d’une réelle égalité des droits des personnes vivant sur un même territoire et, dans l’immédiat, de la régularisation de tous les migrants sans papiers ;

- 3) la dépénalisation du délit de séjour irrégulier et de l’aide aux personnes contraintes à ce type de séjour ;

- 4) l’annulation des accords de réadmission de personnes expulsées et l’abandon de toute négociation en ce sens par les Etats ;

- 5) la suppression des visas de court séjour, de toutes les entraves posées à la sortie d’un territoire, et la justification détaillée et contrôlée des refus de visas d’établissement avec une stricte symétrie des conditions africaines et européennes de délivrance de ce type de visas ;

- 6) la fermeture de tous les lieux d’enfermement et autres dispositifs de blocage des personnes aux frontières ;

- 7) l’abolition de toutes les mesures faisant obstacle aux possibilités de regroupement familial ;

- 8) l’application complète et sincère de tous les instruments de protection internationale afin de ne pas réduire le droit d’asile à une simple fiction ;

- 9) l’octroi systématique à tous les réfugiés statutaires d’une complète liberté de circulation et d’installation et d’une protection à travers le monde ;

- 10) la refondation financière et juridique du HCR de manière à ce qu’il protège effectivement les demandeurs d’asile et réfugiés et non pas les intérêts des gouvernements qui le financent ;

- 11) la ratification de la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille, son intégration dans les lois nationales, la ratification des conventions de l’Organisation Internationale du Travail, et notamment les conventions 143 et 97 ainsi que leur mise en oeuvre ;

- 12) que toute négociation euro-africaine repose sur le principe d’égalité des interlocuteurs et que les dirigeants africains, qui ont si peu défendu les intérêts de leurs populations, assument pleinement leurs responsabilités, tout particulièrement en remettant en cause les accords de partenariat euro-africains.

- 13) la mise en place de mécanismes de souveraineté alimentaire et la suppression des accords qui hypothèquent l’avenir de l’agriculture africaine ;

- 14) la suppression des conditionnalités imposées aux pays africains dans les négociations internationales, et tout particulièrement celle de la sous-traitance de la lutte contre les migrations ;

- 15) l’annulation inconditionnelle de la dette des pays du sud ainsi que le rapatriement de leurs avoirs placés dans des banques étrangères.





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