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Voir également :


Cameroun : Biya à perpétuité, la démocratie peut attendre
Togo : Annulation de la dette du Togo par la France
Tchad : Présidentielle : la France et l’Union Européenne soutiennent la dictature Déby sous couvert de démocratie
Rwanda : Aucun présumé génocidaire n’a été jugé en France
Djibouti : Une dictature maintenue par la rente stratégique payée par les pays
Burkina Faso : La France doit cesser de soutenir un dictateur face à la révolte de son peuple !
Congo : A contretemps de l’Histoire, la France adoube le dauphin du président Sassou Nguesso
Côte d’Ivoire : La France pyromane ne doit pas jouer au pompier
Burkina Faso : Des imposteurs valident la nouvelle imposture électorale de Blaise Compaoré
Togo : Déclaration des organisation de défense des droits de l’homme suite aux menaces d’un officer français sur un journaliste togolais
Mali : Déclaration de l’AME pour le 1er mai 2010
Rwanda : Appel Citoyen France-Rwanda : Faire toute la lumière sur les "erreurs"
Niger : La France ne doit pas entériner la dictature
Gabon : Coup de force françafricain
Cameroun : Visite officielle de Paul Biya en France


Site(s) web :

Survie :
Pressafrique :
Stop Françafrique :
Survie Media :
Sommet Alternatif Citoyen Afrique-France :
Billets d’Afrique :
Cellule Françafrique - Collectif pour une autre politique de la France en Afrique :
Campagne "Libérons-nous de 50 ans de Françafrique !" :
Commission d’Enquête Citoyenne pour la vérité sur l’implication française dans le génocide :
Kamerun - Une guerre cachée aux origines de la Françafrique :
La Nuit Rwandaise :


Dernier(s) document(s) :

Que fait l’armée française en Afrique ? - Un "4 pages" de Survie - 10 mars 2010 (PDF - 425.3 ko)

Procès Bob Denard
Anciens et nouveaux ’corsaires de la République’

22 février 2006
Survie - http://survie.org/
Agir Ici - Oxfam France - http://www.oxfamfrance.org/


Se déroule actuellement - du 20 février au 15 mars 2006 - le procès du mercenaire Bob Denard (qui n’y assistera pas pour cause d’Alzheimer) et de vingt six autres prévenus pour leur « tentative de coup d’Etat » aux Comores en 1995. La France, qui était alors intervenue et avait chassé les mercenaires, avait toutefois validé la prise du pouvoir par l’opposant Mohamed Taki et envoyé le président destitué Saïd Mohamed Djohar en exil forcé à la Réunion.

Cette opération a toutes les allures d’un véritable coup d’Etat perpétré par la France. La collusion entre Bob Denard et les dirigeants français n’est d’ailleurs plus à démontrer, puisque reconnue lors des précédents procès de celui qui est désormais surnommé le « corsaire de la République ».

Qu’attendre donc de ce procès, sinon un brouillage des cartes, afin de détourner l’opinion publique d’un interventionnisme de type néo-colonial toujours d’actualité, allant à l’encontre des droits des peuples à disposer d’eux mêmes et dont les vrais commanditaires ne sont jamais poursuivis ?

Nous assistons en effet, avec ce procès, à la tentative de faire passer le « mercenariat de papa » - celui des barbouzes et aventuriers de la génération Denard - comme relevant d’une époque désormais révolue, dont on devrait discrètement tourner la page.

Nos associations rappellent qu’au contraire, le mercenariat est actuellement en pleine expansion et que ce type de procès médiatisé permet de dissimuler l’émergence d’un phénomène majeur avec la professionnalisation de ce secteur au travers des Sociétés militaires privées (SMP).

Bob Denard et sa Garde présidentielle comorienne ont été des précurseurs des nouvelles SMP francophones qui ont aujourd’hui pignon sur rue et qui agissent bien souvent, officieusement, dans le prolongement de la politique étrangère de la France, loin de tout contrôle démocratique.

Face à ce danger pour le droit international et la démocratie, en France et à l’étranger, nos associations rappellent :

- la nécessité de renforcer le dispositif de répression du mercenariat en intégrant dans la loi du 3 avril 2003 des dispositions relatives à un contrôle strict des sociétés militaires privées,

- la nécessité de lutter contre les paradis fiscaux, espace de non droit pourvoyeur d’impunité pour les organisateurs d’opérations militaires officieuses [1],

- la nécessité d’un contrôle parlementaire permanent sur les opérations militaires extérieures de la France.




Pour en savoir plus :

Xavier Renou, La privatisation de la violence. Mercenaires et sociétés militaires privées au service du marché, Dossier noir n° 21, Survie-Agir Ici, Agone, 2006.




[1] L’enquête a permis de déterminer que, pour le coup d’Etat de 1995 aux Comores, Denard a créé deux sociétés domiciliées à Genève, afin d’acheter un bateau en Norvège, immatriculé au Panama. L’opération aurait d’ailleurs été financée avec l’intention de créer aux Comores une zone franche et un système bancaire off shore pour blanchir l’argent.





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